Pavillon populaire, Montpellier

Exposition du 17 juin 2011 au 30 octobre 2011


Brassaï en Amérique, 1957


Brassaï ? Chacun s’empresse d’associer à cet immense photographe d’origine hongroise, devenu si parisien, les vues nocturnes d’un Paris interlope, qu’il portraiture dans les années 1930. Ami des surréalistes, proche de Picasso, dessinateur, sculpteur, écrivain, inventeur éruptif multiforme, Brassaï symbolise l’esprit même d’une photographie sans égale dont il est en France, en compagnie d’André Kertéz et d’Henri Cartier-Bresson, le plus illustre des représentants.
C’est donc un véritable événement que de pouvoir découvrir pour la première fois, plus de 30 ans après sa disparition, une partie de son oeuvre photographique jusqu’ici ignorée, réalisée en 1957 en Amérique, et en grande partie en couleurs, lui qui, jusque là, était uniquement connu pour sa pratique en noir et blanc. Après l’accueil triomphal de ses « graffiti » par la critique et le public américains, Brassaï se sent encouragé à franchir l’Atlantique.
L’exposition que propose en première mondiale le Pavillon Populaire de Montpellier, accompagné d’une publication internationale aux éditions Flammarion, rend compte du travail jusqu’ici pratiquement inédit, effectué lors de ce séjour, et qui présente quelques particularités.
En effet, d’un point de vue technique, Brassaï va s»essayer à l’usage du petit format, ce qui le conduira à travailler immergé au milieu de la foule, notamment à New York, pour rendre compte par ses instantanés de cette vie urbaine intense ; il privilégie le travail de jour, fixant un plan avant de se retourner pour suivre les passants, construit des séquences très cinématographiques : de fait, ses photographies se situent à l’opposé des images Paris de Nuit pour lequel il avait l’habitude de fixer longuement la scène en faisant face à ses sujets, les mettant parfois en scène. Par ailleurs ce séjour va être l’occasion pour lui d’appréhender la couleur, ce qui le conduit à traiter des éléments particuliers : les murs recouverts d’affiches, les signes et néons nocturnes, les fêtes foraines mais aussi les vêtements bigarrés de ces années 50, désormais mythiques. Nul doute que pour Brassaï ce séjour américain n’ait été l’occasion de regarder autrement la ville, tout en restant fidèle à la sensualité de son regard, fasciné par la présence des femmes, et à sa poésie aux accents souvent surréalistes.