Nature et idéal: le paysage à Rome 1600-1650, Carrache, Poussin, Le Lorrain

Nature et idéal: le paysage à Rome 1600-1650, Carrache, Poussin, Le Lorrain


Exposition du 09 mars au 06 juin 2011
Grand Palais, Paris

C’est à Rome, dans la première moitié du XVIIe siècle, que l’histoire de la peinture de C’est à Rome, dans la première moitié du XVIIe siècle, que débute véritablement l’histoire de la peinture de paysage. Auparavant, la représentation de la nature n'existait pas en tant que genre autonome dans la peinture européenne et c'est dans la capitale de la chrétienté que va naître et se développer cette nouvelle catégorie picturale, appelée à connaître un essor considérable. Rome était depuis l'antiquité une destination convoitée par les artistes désireux d'y compléter leur formation mais à la fin du XVIe siècle, divers facteurs vont permettre l'éclosion de ce genre profane : la présence simultanée de peintres parfois spécialisés venus de multiples foyers artistiques, en particulier les Flandres ; l'attrait de la Ville éternelle, renouvelé par les transformations récentes de son paysage urbain ; un goût croissant pour le dessin sur le motif et son réemploi dans l'oeuvre peinte en atelier ; la circulation des images favorisée par l'estampe, et l'intérêt nouveau des théoriciens ; l'existence de grandes collections de peintures des maîtres de la Renaissance ; enfin, l'immense succès commercial du paysage peint auprès des amateurs, en particulier ceux de l'aristocratie et des familles pontificales.
D'Annibal Carrache à Adam Elsheimer, de Pieter Paul Rubens à Paul Bril, de Claude Lorrain à Nicolas Poussin en passant par Gaspard Dughet, quelques-uns des plus grands peintres du XVIIe siècle vont contribuer à l'émergence du paysage. L'exposition entend montrer certaines de leurs créations les plus abouties, en illustrant leurs contributions à l'élaboration de différents types de représentations de la nature, des vues idéales de la campagne romaine aux marines, en passant par les caprices architecturaux et les scènes antiques chargées de nostalgie où alternent les mythes et l'histoire.
Provenant des collections du musée du Louvre et du musée du Prado, mais aussi de nombreuses collections publiques et privées, 80 peintures et une vingtaine de dessins exposés selon un parcours chronologique présentent les aspects les plus marquants de l'histoire du paysage peint au cours de la première moitié du siècle, tout en permettant d'en dégager les grandes articulations : la diffusion des créations d’Annibal Carrache ; l’affirmation du naturalisme nordique ; le développement des paysages d’inspiration néo-vénitienne à partir des années 1620 ; la multiplication des vues peintes avec scènes de genre ; le succès des paysages topographiques et des caprices architecturaux ; et enfin, l’exceptionnelle restitution de la lumière et des effets atmosphériques.
Au milieu du siècle, le nouveau genre pictural est devenu un art prestigieux et non plus mineur pour les collections aristocratiques, comme l'atteste la commande des grands tableaux destinés au palais du Buen Retiro à Madrid. Les cours européennes contribuent à la création de cycles auxquels participent désormais les peintres les plus confirmés, et les artistes de l'Europe entière s'en inspireront pendant plusieurs siècles. Le paysage est devenu une catégorie à part entière de l'histoire de la peinture : il en sera désormais indissociable.