Beauté animale, de Dürer à Jeff Koons

Beauté animale, de Dürer à Jeff Koons


Exposition du 21 mars au 16 juillet 2012
Grand Palais, Paris

A l’heure où la biodiversité est très largement menacée par l’explosion démographique et le changement climatique, l’animal est devenu un thème en vogue dans le monde de l’art. Exemple au Grand Palais, où une vaste exposition explore les représentations que peintres et sculpteurs ont donné de nos amies les bêtes de la Renaissance à nos jours.
A travers 130 toiles, dessins, sculptures et photographies, l’accrochage affiche un parti-pris radical : présenter une ménagerie d’où l’homme est totalement absent. Entre zoologie, naturalisme et plaidoyers contemporains pour le droit des animaux, l’exposition souligne la manière dont la sensibilité à l’égard de ces derniers a évolué en Occident. On y passe des répertoires d’espèces exotiques constitués à la Renaissance aux théories de Darwin, des classifications et planches anatomiques de Buffon à l’empathie que voue l’époque contemporaine à certaines espèces.

Depuis la Renaissance, artistes et naturalistes n’ont cessé d’observer les animaux et de les représenter avec toute l’exactitude possible. Néanmoins, le naturalisme s’arrête là où commencent la norme et la morale : des critères éthiques et esthétiques sont mis en place, qui motivent les différences de point de vue. Ainsi, les manières de représenter une même bête varient extraordinairement. Elles traduisent notre fascination et notre curiosité pour un monde qui n’a pas fini de livrer sa diversité.
A travers des oeuvres majeures, l’exposition explore les rapports que les artistes, souvent les plus grands peintres et sculpteurs, entretiennent avec les animaux. Elle montre que le lien entre art et science, entre notre soif de connaissance de l’animal et notre fascination pour sa beauté, continue d’être étroit. Beaucoup de créateurs s’interrogent aujourd’hui sur le rapport homme et animal et s’alarment de la menace qui pèse sur la biodiversité. Après le panda de Chine puis le bébé phoque, l’ours polaire est devenu le symbole de cette menace. A lui seul, il alerte l’homme sur l’avenir de la planète. Une sculpture aussi magnifique que L’Ours blanc de Pompon finira-t-elle par avoir avant tout une valeur de témoignage, celui d’une espèce disparue ? La beauté animale ne sera-t-elle bientôt plus qu’un souvenir ?
Au gré d’un parcours chronologique et thématique, Beauté animale rassemble ainsi gravures de Dürer, toiles animalières de Barye et Delacroix, photographies de Jules Marey, ours et Orang-outans de Pompon en un vaste bestiaire qui comprend aussi l’araignée de Louise Bourgeois et la chauve-souris de César…