Vivre avec les animaux au XVIIème siècle

Vivre avec les animaux au XVIIème siècle


Exposition du 26 mars au 13 juillet 2013
Petit Palais, Paris

 

"Dans la République des Pays-Bas, au XVIIe siècle, négociants et bourgeois accèdent au rang de mécènes et de commanditaires et peuvent affirmer leur goût pour un certain réalisme et pour des thèmes picturaux liés au monde profane et quotidien, comme les scènes de genre, le paysage et les natures mortes. Afin d’attirer les clients dans ce marché ouvert où la concurrence est sévère, de nombreux artistes hollandais commencent à se spécialiser dans des sujets particuliers : scènes paysannes et de tavernes, paysages et marines, fleurs et fruits, vues de villes ou d’intérieurs d’églises.

Le trait le plus distinctif de cette floraison originale est l’immense popularité de la peinture de paysage, au sein de laquelle se développe, comme une sous-division, la peinture animalière : celle-ci - en définissant son propre réalisme et en conquérant son autonomie - va s’avérer riche d’avenir.

Héritière en quelque sorte du Moyen Age et de ses « Bestiaires », la génération maniériste – à son apogée dans les années 1580/1610 - avait élu des thèmes comme Orphée charmant les animaux, Le Paradis terrestre ou L’Entrée dans l’arche, pour faire figurer dans un schéma  préétabli toutes sortes d’espèces animales, même exotiques.  Parallèlement à ces compositions complexes et artificielles, existaient des représentations animales minutieuses et figées, traitées dans l’esprit des cabinets d’histoire naturelle : descriptions dans la veine des observations « zoologistes » d’un Léonard de Vinci ou d’un Albrecht Dürer.  

Les artistes travaillant entre 1620 et la fin du siècle – Paulus Potter, Adriaen van de Velde, Nicolaes Berchem, Karel Dujardin ou Philips Wouwerman - abordent le paysage incluant des animaux d’une façon à la fois plus souple et plus naturelle : chevaux, bovins, moutons et chèvres sont observés avec attention dans leurs particularités et placés dans leur cadre de vie – champs et prairies -, leur pelage reflétant la lumière naturelle du plein-air. Représenté immobile ou en mouvement, l’animal est toujours doté d’une vie charnelle et le spectateur croit le voir brouter, se reposer ou s’apprêter à hennir ou à cabrioler.

Cette exposition d’un choix de dix-sept dessins et gravures de la collection Dutuit illustre l’apport incontestable de ces artistes du Siècle d’or hollandais dans la création d’une peinture nouvelle, la peinture animalière, qui aura ses prolongements aux XVIIIe et XIXe siècles.