Henri-Edmond Cross

Henri-Edmond Cross


Exposition du 20 octobre 2011 au 19 février 2012
Musée Marmottan Monet, Paris

Durant la saison hivernale, la rotonde des nymphéas du musée Marmottan Monet servira d’écrin à l’exposition consacrée à l’artiste néo-impressionniste Henri-Edmond Cross. La scénographie offre un panorama diffracté de cette période : confrontées aux toiles de ses contemporains, les travaux de l’artiste permettent de suivre l’évolution chronologique qui marque sa création, ainsi que les différents courants dont s’imprègnent son œuvre.
Cette démarche est évoquée, tout d’abord par le titre-même de l’exposition : de Seurat à Matisse. Cross les fréquente, en des lieux et périodes différentes. Ces divers cardes balisent le parcours de l’exposition, scindant son œuvre en trois périodes majeures : à Paris, il adopte de façon stricte les préceptes du néo-impressionnisme initié par Seurat, autour du mélange optique, de la division de la touche, et du contraste des tons par l’emploi de couleurs complémentaires. Les Vendanges (1891-92) illustrent cette période dite « de jeunesse » de l’artiste. A la mort de Seurat, Cross quitte Paris et découvre, aux côtés de son ami Signac, la puissance éclatante de la lumière méditerranéenne, qui semble s’exprimer dans ses œuvres par l’élargissement de la touche, ainsi que par l’emploi d’une gamme chromatique plus vive et contrastée. Dans cette série de compositions harmonieuses et décoratives, Cross semble faire siennes les théories de Félix Fénéon, ayant déclaré que le néo-impressionnisme exigeait « une exceptionnelle délicatesse de l’œil ». A la fin de sa vie, au contact de Matisse, auquel il est très lié, il s’émancipe de la représentation « réaliste » de la nature, laissant libre cours à son imagination, où à l’exaltation de ses passions, lesquelles se traduisent par l’emploi d’une palette dont la colorimétrie est poussée à son paroxysme. Collioure, Rue du Soleil (1905), ou encore Le Bois (1906-07), préfigurent l’esthétique fauviste.
A travers une centaine d’huiles, aquarelles et autres dessins préparatoires, l’exposition invite le spectateur à plonger dans l’univers pictural qui érigea, en cette fin de XIXe siècle, la représentation du paysage au statut « d’atelier du regard ».

                                                                                                T.P