De Giotto à Caravage, les passions de Roberto Longhi

De Giotto à Caravage, les passions de Roberto Longhi


Exposition du 27 mars au 20 juillet 2015
Musée Jacquemart-André, Paris

Roberto Longhi fait partie du cercle très fermé des critiques d'art qui ont marqué durablement la discipline de leur empreinte. A l'Italien, on doit notamment au début du vingtième siècle la redécouverte de Caravage, dont il souligna le premier la portée révolutionnaire et subversive, ou celle des primitifs italiens (Giotto, Masaccio...), négligés à l'époque, adulés depuis lui. 

L'homme fut aussi un collectionneur passionné, comme en atteste la fondation ouverte après sa mort en 1970 dans sa demeure florentine. L'hommage que lui rend le musée Jacquemart-André jusqu'en juillet prochain puise largement dans ce fonds, auquel viennent s'ajouter quelques prêts de la galerie des Offices, de lagalerie Palatine ou encore des musées du Vatican. Ces prêts offrent à l'institution parisienne de souligner les deux axes majeurs de la critique longhienne : le caravagisme et le primitivisme. 

Le parcours de l'exposition s'ouvre ainsi sur une selection consacrée au Caravage, où figure notamment le Jeune Garçon mordu par un lézard, le Couronnement d'épines et l'Amour endormi. Il se prolonge d'une plongée au coeur des primitifs italiens, où se côtoient Giotto, Masolino, Masaccio et Piero della Francesca. Ce trajet à travers les passions de critique en dresse le portrait d'un "connoisseur", au sens d'Erwin Panofsky, et souligne ce que son regard a de profondément singulier et, contre toute attente, de radicalement moderne. 

Crédit visuel : Caravage, Michelangelo Merisi dit (1571 - 1610) Garçon mordu par un lézard, 1594, huile sur toile, 65,8 x 52,3 cm. Florence, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi © Firenze, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi.