L’épopée des rois thraces

L’épopée des rois thraces


Exposition du 16 avril au 20 juillet 2015
Musée du Louvre, Paris

Patrie d’Orphée ou de nombreux rois légendaires cités par Homère, la Thrace, région encore méconnue, révèle peu à peu ses splendeurs grâce aux stimulants travaux archéologiques.

Aux frontières du monde grec et de l’empire perse, émerge en Thrace, durant la période classique, une nouvelle puissance régionale, le royaume Odryse. Les nombreuses tombes d’aristocrates ou de rois, mises au jour ces dernières décennies, rendent compte, avec leur mobilier en céramique, en bronze ou en or, de la richesse de la Thrace. Entre la mer Noire et la mer Egée, cette région se nourrit des échanges nombreux qu'elle entretient avec toutes les civilisations qui l’entourent. À travers les collections des musées bulgares, cette exposition se propose de découvrir la réalité et la complexité de ce royaume.

Désireuse d’offrir une lecture historique de la Thrace du Ve au IIIe siècle av. J.-C., l’exposition choisit comme prisme l’émergence et l’affirmation d’un centre de pouvoir majeur : celui des Odryses. Dans une région marquée par la pluralité des pôles politiques et sociaux, cette dynastie développe une identité propre.

Deux phases distinctes dans la construction identitaire de l’aristocratie se dégagent, entre le retrait des forces perses de Thrace égéenne en 479 av. J.-C. et les invasions celtes (vers 279 av. J.-C).

Pendant la période classique, la maison odryse constitue un acteur régional majeur dans le jeu d’alliances qui se nouent entre Macédoniens et Athéniens autour des colonies nord-égéennes. À l’époque hellénistique, les Odryses doivent affronter d’autres modes de pouvoir : celles du Royaume de Macédoine, ainsi que toutes celles qu’ils vont rencontrer dans les expéditions qu’ils mènent aux côtés d’Alexandre en Orient.

 

La réalité du monde odryse est abordée dans le contexte global et contemporain du monde antique, au contact des autres entités régionales : Gètes, Triballes, tribus thraces autonomes, cités grecques. Loin de diluer l’identité thrace les récentes découvertes archéologiques démontrent au contraire comment un centre de pouvoir emprunte un ensemble hétéroclite d’éléments de prestige issus d’horizons géographiques divers – Asie mineure achéménide, cités greques, royaume macédonien – qu’il reformule au service d’un discours qui lui est propre et par lequel il acquiert sa pleine identité.

 

Crédit visuel : Tête de Seuthès III. Golyama Kosmatka.. IIIe siècle av. J.-C. Bronze. Musée et institut Archéologique, Sofia © Sofia, Musée et institut archéologique national, Académie bulgare des sciences / Krassimir Gueorguiev.