L'Apoxyomène de Croatie, un athlète en bronze

L'Apoxyomène de Croatie, un athlète en bronze


Exposition du 21 novembre 2012 au 25 février 2013
Musée du Louvre, Paris

Inscrit au Patrimoine subaquatique de l’Unesco et exceptionnellement prêté par le ministère de la Culture croate, l’Apoxyomène de Croatie est présenté au musée du Louvre à l’occasion de « Croatie, la voici », Festival de la Croatie en France.
En 1996, un plongeur amateur découvre de façon fortuite une grande statue de bronze gisant par 45 mètres de profondeur au large de l’île croate de Vele Orjule, dans la mer Adriatique. Dans un état de conservation exceptionnel, cette statue, qui pourrait être datée du IIe siècle av. J.-C., a été remontée à la surface en avril 1999 par les archéologues croates et restaurée.
Cette découverte majeure nous permet aujourd’hui d’admirer l’un des rares grands bronzes antiques encore conservés. Dès le VIe siècle avant J.-C., les Grecs avaient appris à maîtriser les techniques de coulée du bronze, alliage de cuivre et d’étain qu’ils utilisèrent de manière privilégiée pour leur statuaire. La plupart de leurs oeuvres, vantées par les auteurs anciens, n’ont pas survécu à l’Antiquité, le bronze des statues ayant été refondu ultérieurement afin de produire vaisselle, armes, outils et monnaie. Seule une dizaine de bronzes grecs de grandes dimensions sont parvenus jusqu’à nous. La statue croate constitue donc le témoignage rare et précieux de cet art méconnu.
Haute d’un mètre quatre-vingt-douze, avec des incrustations de cuivre rouge pour les lèvres et les mamelons, elle représente un « apoxyomène », c’est-à-dire un athlète occupé à nettoyer son corps à l’aide d’un strigile, un racloir métallique, afin d’éliminer le mélange d’huile et de sable qui lui colle à la peau. Les athlètes de l’Antiquité s’exerçant nus et en extérieur, ils s’enduisaient le corps d’une huile qui, au cours des exercices sportifs, se mêlait au sable de la palestre. Le moment choisi par l’artiste est celui qui survenait après l’effort physique : la tête de l’athlète baissée vers les mains trahit un geste précis. Cette composition d’une grande subtilité introduit l’observateur dans l’intimité d’une scène de gymnase et permet de comprendre combien les sculpteurs antiques étaient de fins observateurs de la nudité masculine.