Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783)

Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783)


Exposition du 26 janvier au 25 avril 2011
Musée du Louvre, Paris

Le musée du Louvre présente pour la première fois en France une exposition monographique sur ce sculpteur allemand actif à Vienne et Bratislava, auteur de portraits de cour et d’intellectuels mais aussi de têtes violemment expressives, à l’étrangeté fascinante dont l’audace séduit le public contemporain.
Riche d’une trentaine d’oeuvres, dont la tête acquise par le Louvre en 2005, l’exposition rassemble des prêts exceptionnels des musées viennois (Belvédère, collection Liechtenstein) et allemands, des Etats-Unis (Metropolitan Museum of Art de New York, musée Paul Getty de Los Angeles), du Victoria & Albert Museum de Londres, des musées de Budapest et de Bratislava et de collections privées. Elle s’inscrit dans la saison consacrée au XVIIIe siècle au Louvre.
Formé en Allemagne chez son oncle Johann Baptist Straub, important sculpteur sur bois, Franz Xaver Messerschmidt s’installe à Vienne où il étudie à l’Académie des beaux-arts en 1755. Employé à l’Arsenal, il se familiarise avec le travail du métal. Après un séjour de plusieurs mois en Italie, en 1765, il revient à Vienne où il exécute des portraits spectaculaires du couple impérial et de personnalités de la cour comme le prince Josef Wenzel I de Liechtenstein.
Nommé en 1769 professeur-adjoint à l’Académie royale de Vienne, il mène parallèlement à ses activités d’enseignant une brillante carrière de portraitiste, représentant des membres éminents des cercles intellectuels et médicaux de la capitale. Cet élan est stoppé, en 1774, par la décision du comité des professeurs de l’Académie, validée par le chancelier d’Etat, de ne pas lui donner un poste de professeur titulaire. Choqué par ce refus, sanctionnant un comportement personnel jugé déviant, Messerschmidt quitte l’Autriche le 8 mai 1775. Après un séjour en Bavière, sa patrie d’origine, il part en 1777 s’installer chez son frère à Presbourg (aujourd’hui Bratislava), siège du gouvernement hongrois. Il y poursuit avec ferveur la production de têtes sculptées, appelées après sa mort « têtes de caractère ».
Exécutées en métal (avec un alliage fait majoritairement d’étain et/ou du plomb) et en albâtre, ces têtes manifestent l’expression d’un génie attentif à décrire les multiples aspects des tensions de l’âme.