Avec armes et bagages... dans un mouchoir de poche

Avec armes et bagages... dans un mouchoir de poche


Exposition du 26 octobre 2012 au 13 janvier 2013
Musée de l'Armée, Paris

 

Cette exposition invite le grand public à suivre un parcours surprenant dans le quotidien du soldat et, au-delà, de la société française dans son ensemble, au cours des XIXe et XXe siècles, au gré des multiples avatars d’un objet étonnant et méconnu, trivial et raffiné : le carré de textile imprimé, appelé aussi, selon les époques et les usages, mouchoir ou foulard.

 

 

Le carré, un objet paradoxal, révélateur d’une société

 

Le carré, objet à la fois familier et énigmatique, trivial et raffiné, reflète les différents aspects de la culture militaire de l’époque. Ses formes, ses motifs imprimés et ses usages dévoilent  relations nombreuses, complexes et subtiles  cette culture militaire entretient avec le monde « civil ».  à tour mouchoir et tableau, pansement et accessoire de mode, bonnet de nuit improvisé ou baluchon de fortune, le carré est, dans chacune de ses variations, un objet riche de  témoin matériel de l’esprit d’une époque.

Plus de 200 pièces de collection réunies pour comprendre un objet « multi-fonction ».

L’exposition réunira 60 carrés en tissu imprimé, du plus modeste au plus luxueux, accompagnés d’oeuvres et d’objets divers : peintures d’histoire, dessins, estampes, photographies, cartes postales, armes, pièces d’uniformes et objets du quotidien.

Cet ensemble permettra de mieux comprendre et apprécier l’originalité de ces carrés, leur signification et leurs fonctions au sein de la société - en particulier à la fin du XIXe et au début du XXe siècles - qu’ils évoquent de manière aussi saisissante qu’inattendue.

Organisée de façon thématique, l’exposition guide la progression des visiteurs en leur dévoilant les uns après les autres tous les aspects (formats, motifs…) et les usages de ces mouchoirs et foulards.

 

 

Du symbole patriotique au foulard de luxe

 

On découvre d’abord le carré imprimé comme support d’images : images mythiques et nostalgiques de l’empereur Napoléon Ier, par exemple ; images de propagande glorifiant les guerres coloniales ou les campagnes militaires des différents régimes politiques ; images satiriques comme reflets des travers d’une époque ou de la vie politique.

On le  retrouve ensuite outil d’apprentissage, à l’instar d’un manuel scolaire, participant de l’éducation des jeunes recrues, à une époque, celle de la conscription universelle, où tout citoyen a été ou sera soldat.

Sur ces mouchoirs d’instructions se déploient des impératifs et consignes divers : apprendre sa géographie, soigner un blessé, cirer ses chaussures ou démonter un fusil. Le carré est également un témoin privilégié de son temps, par lequel s’exprime l’esprit « fin de siècle » de la Belle Epoque.

Il fait ainsi écho à la littérature, au théâtre, à la chanson ou à l’opéra.

Comme eux, il rappelle l’omniprésence du soldat en uniforme dans la société, dans la capitale comme dans les petites villes de garnisons, de la rue pavoisée où il défile à la salle de spectacle où il se divertit.

L’histoire du carré conduit enfin, de manière inattendue, à une de ses mutations les plus récentes : le foulard de luxe, qui s’impose comme accessoire de mode féminine entre les deux guerres.

Sur ce support renouvelé, les créateurs de mode reprennent, se réapproprient et détournent nombre de motifs militaires.

Les carrés illustrent alors la nature des relations entre les mondes civil et militaire, entre 1918 et 1939, faites de familiarité et de distance.