Die Brücke (1905-1914)

Die Brücke (1905-1914)


Exposition du 30 mars au 17 juin 2012
Musée de Grenoble, Grenoble

Créé à Dresde en 1905 sous la houlette de Ernst Ludwig Kirchner, Fritz Bleyl, Karl Schmitt-Rottluff et Erich Heckel, Die Brücke (le Pont) est regardé comme la première avant-garde à avoir vu le jour outre-Rhin. Rejetant l’art académique, le groupe proclame d’emblée sa foi dans le progrès : « Sont de notre côté, affirme leur programme, tous ceux qui expriment directement et sincèrement leur élan créateur ».
Bientôt rejoints par Emil Nolde, Max Pechstein et Otto Mueller, les membres de Die Brücke puisent leurs couleurs franches et leurs formes énergiques et sensuelles dans les arts primitifs, le fauvisme, les œuvres de Munch, Van Gogh ou Gauguin, mais aussi dans la nature et le tourbillon de la ville industrielle. 
Quel rôle le groupe a-t-il joué dans la genèse de l’expressionnisme ? C’est à partir de cette question que le musée de Grenoble aborde l’exposition qu’il consacre à l’avant-garde allemande. Pour ce faire, l’accrochage réunit 120 tableaux et œuvres sur papier. Parmi ces dernières, un ensemble de gravures sur bois, medium dans lequel le groupe a excellé et qui a joué un rôle déterminant dans son évolution stylistique. La pratique de la gravure sur bois se rattache à une tradition nationale médiévale, mais, plus que les noirs profonds des estampes, c'est la couleur pure, violente et sensuelle, qui règne en maître absolu.

Couleurs pures et formes tourmentées sont au service de sensibilités exacerbées qui vont donner naissance à un style que l'on nommera par la suite l'expressionisme. Cette expression délibérément exagérée des sensations et des sentiments n'est pas sans être redevable à l'influence du fauvisme, et tout particulièrement à celle de Matisse. Mais chez ces artistes, cette forme libre et directe, cette gamme chromatique tonitruante caractérisent avant tout le désir de rupture avec la société allemande d'alors, son conformisme idéologique et ses canons esthétiques mortifères.