Le Douanier Rousseau, L'innocence archaïque

Le Douanier Rousseau, L'innocence archaïque


Exposition du 22 mars au 17 juillet 2016
Musée d'Orsay, Paris

Du 22 mars au 17 juillet 2016, le Musée d'Orsay consacre une exposition à l'oeuvre du Douanier Rousseau intitulée L'innocence archaïque.

Au tournant du XXe siècle, Henri Rousseau est un peintre singulier en développant un modèle stylistique archaïque, loin d'une peinture "officielle" ou "académique". 

L’archaïsme est ainsi le fil conducteur de cette exposition grâce à une confrontation de nombreuses toiles du Douanier Rousseau et d'oeuvres de Paul Gauguin, Pablo Picasso, Carlo Carrà, Diego Rivera ou encore Max Ernst afin d'évoquer d’évoquer la richesse des liens qui se tissent entre eux dans l'exploration de la modernité.

Moi-même, portrait-paysage, 1889-1890, Prague, Narodni Galerie

Dès lors, le début de parcours présente Moi-même, portrait-paysage (1889-1890, Prague, Narodni Galerie) et le Portrait de Monsieur X (dit Pierre Loti) (1906, Kunsthaus Zürich) afin de découvrir la singularité de l’oeuvre de l’artiste qui affirme être l’inventeur du genre du « portrait –paysage » : celui-ci trouve en réalité ses antécédents dans le portrait des maîtres anciens, illustrés par le Portrait d’homme au bonnet rouge de Vittore Carpaccio (Venise, musée Correr) ; cette oeuvre influencera à son tour plusieurs générations d’artistes, tel Fernand Léger qui s’inspire du Portrait de Pierre Loti pour Le Mécanicien (Montréal, musée des Beaux-Arts).

Conçue autour de ce dialogue entre échos du passé et anticipations de l’avenir, l’exposition est organisée autour des thématiques récurrentes de l’oeuvre du peintre : les paysages immobiles, peuplés de figurines anonymes et d’ « hommages » à la nouvelle modernité des avions et de dirigeables, ou encore les natures mortes ou lesportraits d’enfants solitaires et souvent inquiétants (Pour Fêter bébé !, 1903, Wintherthur, Kunstmuseum), qui ont laissé des traces profondes sur les artistes de l’avant-garde, tels Picasso et Carrà.

Cette dimension « familière » de son art se développe en parallèle à ses images oniriques du monde à l’état sauvage : des chefs-d’oeuvre tel Le Rêve (1910, New York, MoMA), vision fantastique qui annonce les atmosphères surréalistes, seront présentées à côtés des Jungles (Le lion, ayant faim, se jette sur l’antilope, Bâle, Fondation Beyeler), qui comptent parmi les oeuvres les plus célèbres du Douanier Rousseau.