Pol Bury, le mouvement ralenti

Pol Bury, le mouvement ralenti


Exposition du 27 mai au 30 novembre 2012
Espace Paul Rebeyrolle, Eymoutiers

S’il est dédié à l’œuvre de Paul Rebeyrolle, l’espace qui porte son nom à Eymoutiers n’en est pas moins ouvert au travail d’autres artistes. Après Braque, Miró, Dubuffet, Picasso ou Monory, le centre d’art limousin consacre ainsi une rétrospective à l’un des maîtres de l’art cinétique : Pol Bury.

Pol Bury va animer ses œuvres, faites de bois ou d’acier poli, par des impulsions quasi imperceptibles ; ce sont elles qui retiennent notre attention, troublés et fascinés que nous sommes devant ce qu’il nomme « ces humbles mouvements de l’immobilité ». Bien qu’indécelable dans sa création, le moteur joue un rôle décisif dans sa démarche. Il va lui permettre de narguer le temps immobile. En le mettant en action dans un univers trop stable, le sculpteur se joue du dérisoire et du monde établi.
La perfection est de règle dans la réalisation des œuvres de Bury.  Rien ne permet de découvrir le secret de ce mouvement ralenti dont vit chacune de ses sculptures. La lecture reste toujours fascinante et mystérieuse, et entretient, entre provocation et surprise, une connivence avec le spectateur et les aléas de la vie. Dans un univers perclus de certitudes, les oscillations et les vibrations de matériaux voués par essence à la stabilité et à la fixité façonnent un espace paré d’incertitudes. Dans cette sculpture où la technologie tient sa place, l’artiste doit faire preuve d’invention et d’humilité pour ne pas tomber dans les pièges de la redite. Proche de l’ingénieur, éloigné pourtant de techniques trop contraignantes, il doit préserver la part de rêve et de poésie dont il entend peupler son œuvre.

L’exposition, qui réunit une soixante de pièces de l’artiste belge sous le titre éloquent de « mouvement ralenti », permet de mieux appréhender les grandes lignes de son parcours : de l’aventure surréaliste et la découverte du constructivisme à la réalisation de sculptures en bois ou acier poli auxquelles un minuscule moteur impulse ce que l’artiste nomme « ces humbles mouvements de l’immobilité », Bury se révèle un homme plein d’humour et l’auteur d’une réflexion sensible sur le temps qui s’écoule…