L'oeil sur les rues

L'oeil sur les rues


Exposition du 12 octobre 2011 au 16 janvier 2012
Cité des sciences et de l'industrie, Paris

Qu’elle soit de terre battue ou d’asphalte, bordée d’habitations, de commerces, de bureaux, parfois de monuments, la rue, serait un “lieu commun” où l’on passe, circule ou flâne, tout préoccupé de soi-même et sans grand désir de convivialité.
Pourtant, et avant tout, la rue s’avère être un espace social, fluctuant, à la fois familier et énigmatique.
Chacun en a une expérience intime qui convoque son corps, ses émotions, sa mémoire… dans la diversité des cheminements, des postures, des rôles joués ou assignés.
L’individuel et le collectif s’y conjuguent en liens fortuits, multiples et mouvants, comme autant de fragments de vies. Présences, pratiques, perceptions humaines créent et façonnent la rue, recomposant sans cesse, selon le mot d’Hanna Arendt, des “en-commun”.
Expression artistique riche et singulière, la vidéo trouve ici un champ d’exploration propre à la nature labile et multiforme de son matériau. Rythmes, mouvements, cadrages, univers sonores, inscrivent dans des fragments de temps la part d’anodin, d’inédit, d’interactions changeantes et d’ambivalence constitutifs de la vie des rues.
Par des scènes inattendues, des moments de vie dérisoires, de brèves fictions, les oeuvres des vingt-trois artistes – d’horizons géographiques et culturels divers – diffusent une pluralité de récits, métaphores de la complexité de nos relations avec la rue.
Jouant de la plasticité du langage vidéo, ces créations se nourrissent dans l’incisif d’une conscience sociale comme dans le souci d’une humanité.
Écritures attachées aux recherches formelles – Peter Aerschmann, François Vogel –, ou à l’animation – Esteban Azuela, Sylvie Denet –, issues d’un hasard saisi et retravaillé – Shahram Entekhabi, Kiripi Katembo Siku, Goddy Leye, Marc Mercier, Paulette Phillips, Franck Scurti –, d’une sensibilité plus ouvertement exprimée aux problèmes sociaux – Bani Abidi, Francisca Benítez, Botto e Bruno, Robert Cahen, Calin Dan, Serge Le Squer, Sarah Minter, Till Roeskens, Song Dong –, d’une approche feutrée des vies intérieures – Bertille Bak, Catherine Gfeller, Kika Nicolela, Enrique Ramírez – font émerger des éclats visuels où continuité et jeux de rupture se faisant écho, donnent à percevoir une poétique significative de notre urbanité.
L’exposition invite à une libre déambulation, qui, tout en laissant à chaque oeuvre son originalité, permet des mises en relation ouvertes à différentes interprétations, le visiteur restant maître de sa propre partition.