Monnaie de Paris – Musée du 11 Conti , Paris

Exposition du 19 novembre 2018 au 03 février 2019


Grayson Perry, Vanité, Identité, Sexualité


La Monnaie de Paris présente du 19 octobre au 3 février l’exposition Vanité, Identité, Sexualité de l’artiste britannique Grayson Perry.

Des gravures, des tapisseries et des céramiques, à première vue, ces mots font penser à la décoration intérieure de nos grands-parents. Et pourtant, les œuvres de Grayson Perry se placent aux antipodes de l’antiquité, même si leurs supports y font allusion. 

« C’est certainement la première fois qu’un téléphone portable se retrouve sur un vase en céramique » - s’amuse l’artiste lors de la visite de presse. Et c’est sûrement vrai. À la vue de ses grandes céramiques, nous pensons directement à la tradition, loin de l’image habituelle que nous avons de l’art contemporain. C’est en se rapprochant de celles-ci que les motifs narratifs qui les habillent créent un paradoxe étonnant, moderne, sarcastique. Gravés dans la matière, Donald Trump, un préservatif usagé, son ourson en peluche, tous se retrouvent sur les vases de l’artiste, dans un bouillonnement aussi humoristique que politique.

Ce même bouillonnement se retrouve dans la palette utilisée : par des nuances fluorescentes et multicolores, par des teintes puissantes, intenses, Grayson Perry offre une atmosphère joyeuse à des thèmes pourtant sérieux et essentiels. Sur de gigantesques tapisseries, se déroulent des actions venues perturber l’ordre social. Débordantes d’humour, ces scènes parfois absurdes, parfois réalistes, offrent une méditation sur les enjeux de notre époque. Un bébé pleure, les mains tendues vers le smartphone de sa mère tel le saint Graal, elle-même hypnotisée par celui-ci, elle en oubliera son enfant posé sur ses genoux.

Les œuvres de cet artiste/militant sont puissantes, il bouleverse les codes de notre temps. Les classes sociales sont moquées, les stéréotypes chamboulés, la masculinité retrouve une toute nouvelle définition. Grayson Perry en devient le symbole vivant : une robe rose sur le dos, du maquillage et un col Claudine qui entoure son visage, l’artiste arbore fièrement ce que la société a trop longtemps établi comme strictement féminin. 

Texte : Angèle Imbert

Crédit Visuel : The Upper Class at Bay, 2012 Laine, © Grayson Perry Courtesy de l'artiste et Victoria Miro, London / Venice