Musée de Grenoble, Grenoble

Exposition du 01 janvier 2012 au 12 février 2012


Juan Muñoz


La carrière de Juan Muñoz s’est interrompue brutalement au mois d’août 2001 alors qu’il réglait les détails de sa première rétrospective itinérante aux Etats-Unis. Peu de temps auparavant, il avait inauguré sa fameuse installation Double Bind à la Tate Modern de Londres qui d’emblée s’était imposée comme une des réalisations les plus marquantes de la sculpture contemporaine. Elle offrait une synthèse de ses recherches des deux décennies précédentes et illustrait avec éclat sa capacité à ouvrir son langage à différents champs d’intérêt de la réflexion d’un Bruce Nauman sur la perception à l’approche de l’espace dans l’art baroque, des thrillers américains à la poésie de T.S. Eliot ou aux fictions de Jorge Luis Borges, en passant par la musique d’Alfred Schnittke. De sa curiosité sans cesse en éveil, de ses engagements passionnés et généreux, son oeuvre – comme sa vie – se nourrissait. Insatiable dans son désir de créer, il était, dans sa tête, toujours en avance d’une oeuvre sur ce qu’il pouvait réaliser.
Ses sculptures sont à son image : complexes, paradoxales, énigmatiques, théâtrales. Elles possèdent une telle présence, elles dégagent une telle énergie qu’il est parfois difficile d’imaginer que leur auteur n’est plus, qu’il ne va pas soudain entrer dans la pièce, bousculer légèrement une de ses figures et commencer à raconter une histoire. Il faut s’y résoudre, “le conteur” n’est plus. Restent ses histoires, métaphores inquiètes ou cruelles de l’opacité des choses et de l’hermétisme des êtres. Reste le monde qu’il a créé avec ses personnages étranges et familiers et ses mises en scène d’une évidence mystérieuse.