MAMVP / Musée d'Art Moderne, Paris

Exposition du 01 décembre 2017 au


Nouvelle présentation des collections permanentes


Depuis le 1er décembre 2017, le Musée d'Art Moderne de la ville de Paris propose la nouvelle présentation de ses collections permanentes. 

Le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris occupe aujourd’hui l’aile est de l’édifice du Palais de Tokyo, qui fut l’un des trois bâtiments permanents construits à l’occasion de l’exposition universelle de 1937. Un vaste plan de rénovation, dont l’idée directrice est de retrouver, quatre-vingts ans plus tard, « l’architecture du bâtiment tel qu’il a été pensé en 1937 », débutera en juin 2018.  La première phase de cette campagne est la nouvelle présentation des collections permanentes, proposée depuis début décembre.

La comisssaire Sophie Krebs explique les causes de ces changements. D’années en années, d’expositions en expositions, les cimaises se surajoutent. Les différents accrochages et réaménagements ont fini par rendre inaudible la visite. Les sols se sont abîmés. L’éclairage n’est plus optimal. Cette nouvelle présentation doit permettre de redécouvrir l’architecture originale du bâtiment, par la sobriété du décor et le travail sur la lumière naturelle prodiguée par les hautes fenêtres du bâtiment, afin de mettre en valeur les œuvres phares du musée en regard avec d’autres moins connues et exposées. En témoigne la salle aménagée autour de la figure de Robert Delaunay : les formes courbes de la pièce permettent de mettre en valeur le dynamisme des couleurs et des lumières des tableaux de l’artiste. Quelle symbiose entre l’exposant et l’exposé ! En témoignent également les deux salles dédiées aux Arts décoratifs : elles nous rappellent l’architecture extérieure de style art déco de la façade, et de son portique à double colonnade.

Le visiteur est invité à une promenade à travers le XXe siècle, pas tout à fait chronologique, mais si vivante grâce aux regards croisés, aux duos, au passage de salles monographiques à des thèmes plus larges. Nulle injonction, contrainte ou exhaustivité d’un accrochage qui retracerait l’histoire de l’art. Cette liberté est permise grâce aux accès aménagés entre les salles, qui communiquent donc entre elles à la manière d’un réseau, dans lequel il faut se perdre. Oui, perdez-vous dans des espaces aussi différents que l’esprit bohème parisien au tournant du siècle, sombre et miséreux, exprimé par les huiles de Georges Rouault, que le face à face des univers insolites et allégoriques de Picabia et De Chirico. La scénographie fait une belle place à la collection d’œuvres de l’« École de Paris », ainsi que les avait surnommé le critique Roger Allard, désignant les artistes étrangers installés à Paris à l’image de Modigliani, Chagall, Soutine, Zadkine et bien d’autres encore. Les vives couleurs de Tal Coat répondent au monde morose et pressé des personnages de Marcel Gromaire dans la section « Réalismes », plus proche d’un certain naturalisme. Dans la salle de « Indépendants », aux côtés de Matisse et de Dufy, l’onirique Nu dans le Bain de Pierre Bonnard côtoie un portrait du même artiste dans son atelier, peint par Edouard Vuillard.

Tous ces « –ismes de l’art » (Lissitzky et Harp), comme autant d’avant-gardes, sont représentés au fur et à mesure des salles : surréalisme, cubisme, nouveau naturalisme (la salle « Dalla natura all’arte » présente notamment des œuvres de Fontana et de Dubuffet), fauvisme postimpressionniste, coloristes, spontanéistes et automatismes. Le rendez-vous immanquable exposé seulement pendant 3 mois, est l’une des séries les plus connues de Picasso, la suite Vollard, composée de cent gravures en six séquences, dont celle de Rembrandt ou bien du Minotaure. Le parcours contemporain s’articule lui autour de deux axes. Les avant-gardes des années 1960, et la peinture dès les années 1980 : Nouveau Réalisme, Abstraction géométrique, Art conceptuel.

Ces nouveaux parcours et accrochages sont l’occasion de nouveaux regards sur la peinture et les arts, en donnant à voir des œuvres phares, d’autres moins montrées, mais aussi les nouvelles acquisitions du musée. Et cela dans une totale gratuité !

Texte : Alix Meynadier

Crédit photo : Amedeo Modigliani, Femme aux yeux bleus, 1918, Huile sur toile, 81 x 54 cm © Eric Emo/Parisienne de Photographie