Musée Cognacq-Jay, Paris

Exposition du 18 novembre 2010 au 20 février 2011


Tivoli, Variations sur un paysage au XVIIIe siècle


S’il est l’un des musées parisiens les plus confidentiels, Cognacq-Jay est aussi l’un des plus attachants. Situé depuis 1990 dans l’hôtel Donon, il rassemble la collection d’art et de mobilier constituée aux alentours de 1900 par Ernest Cognacq, homme d’origine modeste devenu à force de travail le patron de la Samaritaine.

La peinture et les arts décoratifs du dix-huitième siècle étant la spécialité des lieux, on ne s’étonnera pas que le musée consacre une exposition à Tivoli et sa représentation dans les arts visuels entre 1720 et 1830. Ce jardin situé à trente kilomètres de Rome et sur les contreforts des Apennins fut en effet un véritable laboratoire de la peinture de paysage : Boucher, Hubert Robert, Joseph Vernet, Piranèse et nombre d’autres artistes y ont fait leurs classes de peintres sur le motif. Il faut dire que le site est exceptionnel : habité avant même l’époque romaine (il est alors connu sous le nom de Tibur), il accueille deux temples – dont l’un, situé à l’aplomb d’une falaise, est environné de cascades chutant dans la rivière en contrebas. 

On comprend dès lors que Tivoli soit devenu au dix-huitième siècle l’un des motifs les plus représentés de la peinture classique. Les cinquante œuvres – tableaux, dessins, gravures et maquettes – réunies au musée Cognacq-Jay donnent la mesure de l’engouement suscité par les jardins. Leur diversité (certaines œuvres sont très composées, d’autres plus spontanées) permet aussi de saisir l’évolution de la peinture du paysage tout au long du dix-huitième siècle, et la bascule opérée peu à peu entre classicisme et romantisme…