L'Officiel des Galeries et Musées, Kremlin-Bicêtre


Hommage aux soignants. Regard sur Goya et son médecin.


Il n'y a rien dans la société ni dans l'existence qui ait de valeur proprement humaine, sinon le dévouement désintéressé, la compassion absolue. 

Ils sont tous les deux, unis en un seul bloc, occupant le centre de la composition. Lui, le malade la tête rejeté en arrière, la main gauche crispée sur le drap blanc, et l'autre qui le soutient et lui présente un médicament qu'il ne peut pas ou ne veut pas prendre. 

Le clair obscur met en relief leurs visages et leurs mains. Les contrastes de gestes et d'attitude traduisent l'anxiété de l'un et l'appui fraternel de l'autre, ce qui confère un caractère intense et pathétique à la scène. 

Derrière, les silhouettes de deux ou trois personnages s'affairant, peut-être la domesticité de la maison. 

Lui, le malade, c'est Goya. Nous sommes en 1820, Goya a soixante-treize ans et voilà un an qu'il ne va pas bien (aucun document n'atteste de ses maux). L'autre, c'est le Docteur Arrieta, le médecin de Goya qui dit de lui qu'il lui a sauvé la vie. 

Au pied de l'oeuvre, dans la partie inférieure du tableau une inscription en noir sur la préparation rouge de la toile (procédé que Goya a employé dans d'autres portraits) nous éclaire sur la genèse de l'oeuvre : 

"Goya reconnaissant, à son ami Arrieta, pour la justesse et l'application avec lesquelles il lui a sauvé la vie dans son intense et dangereuse maladie, dont il a souffert fin 1819 à l'âge de soixante-treize ans. Peint en 1820."

Cette toile est donc le témoignage spontané de gratitude de l'artiste envers son médecin. 

Goya et son médecin ou Goya soigné par le docteur Arrieta, 1820. Huile sur toile, 117 x 79 cm. Minneapolis Institute of Art. 

Stéphane Gautier

Rédacteur en chef