H Gallery, Paris

Exposition du 12 octobre 2018 au 24 novembre 2018


Rémi Chapeaublanc, Le dernier Tsaatan


La H Gallery présente l’exposition Le dernier Tsaatan, de l’artiste Rémi Chapeaublanc du 12 octobre au 24 novembre.

Si l’art a parfois un but purement esthétique et contemplatif, l’œuvre de Rémi Chapeaublanc gravite autour d’une cause qu’il défend fermement. Par le biais de son appareil photo, l’artiste nous dévoile une vérité, offrant à son art une finalité militante.

Tel un anthropologue, Rémi Chapeaublanc s’adonne à un travail de recherche sur un peuple de Mongolie, où les mois passé en leur compagnie se ressentent sur des clichés noir et blanc empreints de bienveillance et proximité. La finesse de leur artisanat est retracée par des gros plans contrastés, les détails de l’intérieur d’un tipi sont dévoilés, nous octroyant la chance d’apprécier leur mode de vie loin de toute société de  consommation, loin du temps et de notre époque. Une autarcie qui avance vers sa propre disparition : ce peuple si proche de la nature, se nourrissant de chasse et de cueillette, se voit arracher son territoire, devenu parc national.

Le photographe semble vouloir offrir un temps à chacun de ces nomades : imposant leur individualité d’Homme, il les capture, seul à seul, pour qu’ils ne soient plus seulement vus comme une simple tribu. Sur des arrière-plans d’un blanc immaculé, aussi lumineux que la neige présente sur leurs terres, posent alors les humains qui composent ce peuple. Un enfant, un jeune homme, une personne âgée : tous se voient soudain flotter dans cette atmosphère céleste, lumineuse, qui les projette au centre de tous les regards. C’est donc ici que l’intention de l’artiste se fait ressentir. Après avoir admiré leur façon de vivre, nous regardons, yeux dans les yeux, les personnes qui se voient peu à peu privées de leur vie : le fond blanc n’apporte alors plus une sensation de sérénité, il semble s’imposer comme le présage d’un futur dramatique.

Texte : Angèle Imbert

Crédit Visuel : Rémi Chapeaublanc, Tsaatan 11, 2015,
 impression jet d’encre sur papier de qualité muséale, 30x30 cm