Grand Palais, Paris


Michaël Jackson, On the wall


A l’approche du dixième anniversaire de sa mort, le Grand Palais consacre une exposition à Michael Jackson, dont la personnalité et la stature de star inspirent l’art contemporain depuis les années 1980.

Michael Jackson est l’archétype de la star. Non seulement sa discographie et son sens achevé de la mise en scène lui valent de compter parmi les musiciens les plus bankables de toute l’histoire de la pop, mais sa personnalité tortueuse l’a érigé au rang de phénomène social, à l’intersection de l’intime et du politique, de l’identité et du système médiatique.  

Pas étonnant dès lors qu’il ait à ce point inspiré les artistes : dans le sillage d’Andy Warhol, qui utilise son image dès 1982, nombre d’entre eux ont représenté et disséqué l’icône. C’est à cette appropriation que s’intéresse l’exposition On the wall au Grand Palais. Jusqu’au 14 février, elle convoque une quarantaine d’artistes pour mieux cerner l’impact culturel, sinon politique de la star.

Celui-ci tient d’abord à l’extraordinaire talent de danseur de Michael Jackson. Trois chorégraphes français – Raphaëlle Delaunay, Jérôme Bel et François Chaignaud – ont a ce titre été conviés à imaginer spécifiquement pour l’exposition une œuvre performée sous forme de film. Plus largement, le pouvoir de fascination du moonwalk et autres pas de danse se décèle dans les œuvres de Dara Birnbaum ou Appau Junior Boakie-Yiadom.  Mais les salles suivantes d’On the wall examinent bien d’autres facettes du « cas » Jackson. A travers les œuvres de Mark Ryden, David LaChapelle, Paul McCarthy, Jeff Koons, Candice Breitz ou Todd Gray, l’exposition souligne ce que l’ascension fulgurante du personnage dans les années 1980 charrie de questions touchant à l’identité afro-américaine, au masque médiatique et au statut ambivalent de toute star. Ce faisant, elle suggère au passage l’intensité des circulations entre art contemporain et cultures de masse ou, pour faire court, entre Pop art et pop culture.

Texte : Stéphanie Lemoine

Crédit visuel : David Lachapelle, The Beatification: I’ll Never Let You Part, For You’re Always In My Heart, 2009, Tirage couleur chromogène, 248,9 x 185,4 cm - Avec l’aimable autorisation de l’artiste © David LaChapelle