GNG, Paris

Exposition du 08 janvier 2019 au 09 février 2019


Bahram Hajou


Du 8 janvier au 9 février 2019, la galerie GNG accroche les toiles du peintre syrien Bahram Hajou. Une ode à la délicatesse où les rêves habillent l’intimité.

Etendue sur le dos, un drap blanc glissé entre ses jambes pliées, une femme nue aux cheveux noirs dort profondément. Son bras gauche semble enlacer un compagnon invisible ou simplement déjà levé, tandis que le droit est replié vers elle dans une de ces positions que le corps n’adopte qu’en plein sommeil. Derrière sa tête, une figure bleu gris imite son attitude, mais comme un miroir inversé. L’intimité de la scène hypnotise : le souffle tranquille du modèle est presque perceptible. Nous devinons qu’elle vient de passer une nuit d’amour, mais représenter l’après est bien plus suggestif que le pendant. Bahram Hajou donne ici à voir de façon aussi pudique qu’audacieuse l’intimité du couple, l’un de ses thèmes de prédilection.

La juxtaposition de bleus, beiges, blancs et noir ourle la délicatesse d’un moment suspendu dans le temps. Ces larges aplats de couleur hérités de la tradition expressionniste allemande dotent la scène d’un caractère onirique, renforcé par la présence de cette ombre-miroir derrière la tête de la jeune femme. Est-ce l’empreinte de son amant ? Ou peut-être son subconscient ? L’absence de visage fait ressortir les traits apaisés de la belle endormie. Le cadrage rapproché en plongée, resserré sur le lit, accentue l’impression d’intrusion, de voyeurisme même. Le peintre représente véritablement ce que nul ne voit : il surprend l’amoureuse dans un instant qui n’appartient qu’à elle.

La peinture de Bahram Hajou figure l’intimité dans le décor, encore plus que dans les corps, et célèbre la place du rêve dans l’art. Les sourires bienveillants de ses personnages suggèrent qu’ils voient quelque chose d’imperceptible pour notre œil. Chacun émerge des aplats de couleurs comme d’un ailleurs lointain, comme de la brume qui sépare le rêve de la réalité. Si, comme le pense Roméo, les rêveurs rêvent de la vérité, alors souhaitons que cette vérité soit aussi douce et émouvante que celle représentée par Bahram Hajou.  

 

Texte : Marie-Amélie Muriel

Crédit : Bahram Hajou, Parr, technique mixte sur toile, 120 x 140cm

 

Vernissage de l’exposition le jeudi 10 janvier 2019 à partir de 17h à la galerie GNG, en présence de l’artiste !