Faune et Industrie

Faune et Industrie


Exposition du 09 janvier au 28 janvier 2018
L'Oeil du Huit, Paris

La galerie L’Œil du Huit organise chaque année un concours pour lequel créativité et talent sont toujours au rendez-vous ! Lauréate du premier prix de l’édition 2017, Pascale Boillot présente ses sculptures et ses gravures avec l'exposition personnelle Faune et Industrie, du 9 au 28 janvier 2018.

« Voyez-vous quelques étoiles dans le ciel de Coketown, ville industrielle, grise et triste, polluée par la fumée des usines ? ». Ce portrait urbain, esquissant la ville fictionnelle de Charles Dickens où se déroule l’action de Hard Times, reflète la conception commune de notre rapport au monde industriel. Les réalités de l’usine s’apparentent à la désolation : elle est répétitive, morne, pénible, mécanique, bruyante. L'art, des Temps modernes de Chaplin au Germinal de Zola, n’est pas étranger à cette conception. La confrontation du cinéma ou de la littérature avec l’industrie naissante suscita une résistance virulente.

Néanmoins, Pascale Boillot fait du paysage industriel – et notamment des usines – son objet d’étude. En représentant ces temples surannés, témoins de l’âge d’or de la société industrielle du XIXe siècle, elle ambitionne selon ses propres mots, de « remettre de l’aléatoire et du plaisir par l’invention de nouvelles formes, la recomposition ou les couleurs ». Sa démarche est originale. Ce ne sont pas les ouvriers, la question sociale de leur condition qui retient l’intérêt de l’artiste, mais les lieux pour eux-mêmes. Dans ses usines désaffectées, nulles traces humaines, elles surgissent hic et nunc, esprits désincarnées d’un lieu qui nous demeure étranger. De ses maquettes imaginaires et colorées, l’ancienne décoratrice (elle a notamment travaillé pour Triple Agent d’Éric Rohmer !) met en scène une tension, entre attirance et la répulsion. 

Du reste, les êtres vivants sont loin d’être négligés ! S’évadant des paysages industriels, Pascale Boillot réalise aussi des gravures sur bois. Végétaux, animaux et êtres humains, ils sont tous présents. Un dialogue se créé entre des êtres immobilisés sur la surface plane du bois, et des usines représentées en trois dimensions, comme si, finalement, elles étaient les véritables protagonistes de cette exposition. 

Vernissage le jeudi 9 janvier.

Texte : Alix Meynadier

Crédit visuel : Pascale Boillot, Usine, 55 x 45 x 13 cm, technique mixte ©Stefano Bianchi