Isabelle Glenaz, Ostinato, Sculptures animées

Isabelle Glenaz, Ostinato, Sculptures animées


Exposition du 08 janvier au 27 janvier 2019
L'Oeil du Huit, Paris

L’œil du Huit inaugure l’année 2019 avec l’exposition Ostinato, Sculptures animées visible du 8 au 27 janvier. Isabelle Glenaz y présente ses créations plastiques colorées et mobiles,  habitées par l’esthétique des Nouveaux Réalistes.

La sculpture mécanique Anthelme réalisée en novembre 2013 semble tout droit sortie des décors de l’adaptation cinématographique de L’Ecume des Jours de Boris Vian par Michel Gondry. Cet assemblage bleu, jaune et rouge tout en courbes et en cerles d’acier, de laiton, de feutre et de bois tourne sur lui-même grâce à un ressort remonté par les soins de l’artiste.

Comment ne pas penser aux mobiles de Marcel Duchamp ou aux sculptures en mouvement de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle en regardant les œuvres d’Isabelle Glenaz ? Celle-ci cite d’ailleurs le couple de Nouveaux Réalistes parmi ses influences, en plus de l’art cinétique de Takis, des sculptures de René Ach, des balises maritimes et des girouettes. Le mouvement la fascine, l’attire, l’obsède même. Ce n’est d’ailleurs probablement pas un hasard si son exposition se nomme Ostinato, qui signifie « têtu, obstiné » en italien. La plasticienne explique elle-même qu’elle a mis plusieurs années à oser se lancer dans l’art cinétique. C’est un projet qui la suit depuis l’exposition Alexandre Calder organisée en 1989 par le musée des Arts Décoratifs à Paris.

La pratique artistique d’Isabelle Glenaz est donc mûrement réfléchie : elle s’inscrit à la fois dans la continuité des recherches de la scène artistique française au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, et dans un besoin naturel de création : « Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné et fabriqué des objets, céramiques, vanneries, émaux sur cuivre, coutures… »

Cette touche-à-tout développe dans l’espace un univers vivant, articulé, autonome, fait de « sculptures mécaniques » et de « jardins ». Ces jardins sont en fait des sculptures électriques fixées sur une plaque de bois. Encore une fois, il s’agit d’assemblages de matériaux extraits d’objets manufacturés, comme le laiton et le métal. A partir de morceaux de réveil, Isabelle Glenaz imagine des machines joyeusement colorées, qui évoluent librement, nous entraînant ainsi loin du quotidien, dans une sorte de Pays d’Oz miniature où la magie est création artistico-mécanique.

 

Texte : Marie-Amélie Muriel

Crédit : Isabelle Glenaz, Anthelme, novembre 2013, sculpture mécanique (acier, laiton, feutre et bois), 16 x 8 x 45cm

Vernissage de l’exposition Ostinato, Sculptures animées le jeudi 10 janvier 2019 à partir de 19h30, à la galerie L’œil du Huit.