Fotomatons

Fotomatons


Exposition du 21 février au 31 mars 2012
Gilles Naudin Galerie, Paris

« Les dessins d’Anouk échappent au récit ainsi qu’au témoignage ; ils s’affirment tels quels, se dressent muets, sans attente, issus d’un trop plein, récusant jusqu’au plaisir des craies griffant la feuille. Impossible de leur échapper quand, les quittant, on retrouve nos frères. Faut-il repousser ce qui nous aveugle, nous frappe d’impuissance ? Ne craignons pas de plonger les mains dans le noir pour y pêcher des pierres précieuses...”
Germain Viatte.
“Et quand elle met au mur ces pastels hantés, si puissants, si parfaitement achevés plastiquement et si indifférents
aux tendances actuelles de l’art, ce n’est pas un jugement qu’elle attend. Elle fait du spectateur le témoin de son étonnement”.
Robert Delpire.
“Il y a des gueules froissées, cachées, fichues, des bouches cousues, qu’on s’est cousues, par courtoisie et puis c’est pas la peine. Il y a des yeux clos, pour se calmer. Il y a de l’effroi, on croit parfois qu’on va en mourir, mais non, tout bouge et se métamorphose, c’est miraculeux ce qu’on est vivant (…)
Mais quand je dessine, il n’y a plus de différence entre la tristesse et le bonheur, entre le fragile et le fort. Il y a juste des présences (…) Au début, c’est souvent rapide, comme une cascade ou un tonnerre. Des sensations, des souvenirs qui me descendent dans les doigts, me sortent par les yeux, choisissent les craies, les gestes, les feuilles. C’est plutôt les bonhommes qui se font, et moi qui accompagne. J’ai intérêt à aller très vite, parce qu’ils sont souvent pressés de sortir, d’en finir avec ce qui les occupe. Ces gens noirs – famille nombreuse – ont une sacrée musique à l’intérieur…»
Anouk Grinberg