Ne pas effacer

Ne pas effacer


Exposition du 09 mars au 30 juillet 2012
Galerie Wallworks, Paris

La petite dernière des galeries parisiennes dédiées au graffiti a déjà un an. En guise d’anniversaire, Wallworks s’offre un pied de nez à la politique du mur blanc avec l’exposition Ne pas effacer. Elle réunit une vingtaine d’artistes français, Suisses, Singapourais ou Américains, parmi lesquels JonOne, Lazoo, Kongo, Der, ou Nebay, mais aussi Tilt, figure du graffiti toulousain version 90’s, dont le dernier fait d’armes est d’avoir réalisé à Londres un monumental drapeau anglais avec les paroles d’Anarchy in the UK.
Originalité de l’accrochage : au lieu d’exposer du graffiti sur toile, la galerie choisit de présenter d’autres supports plus directement liés à la ville. Seront donc montrées chez Wallworks des pièces de mobilier urbain : panneaux signalétiques, poubelles, plaques, d’égout, plans du métro, etc.

En réunissant ces 19 graffeurs, principalement français et américains, l'exposition Ne pas effacer fait en premier lieu référence à la lutte anti-graffiti. La participation du singapourien Scope prend ici une dimension manifeste quand on sait que, contrairement à la France, ce petit Etat applique réellement des peines d’emprisonnement ferme pour le moindre tag. Cette exposition est aussi l’occasion pour ces 19 artistes, passés des murs de la rue à ceux de la galerie, de renouer avec des supports issus de l’environnement urbain en tous genres et… vintage ! Ainsi Kongo peignant un siège de première classe de nos anciens métros vert et rouge, Colorz taguant le plan de métro lumineux qui orientait les usagers à la station Bonne Nouvelle, ou encore JonOne s’appropriant la plaque (en émail Laborde) de la station Guy Môquet qu’il empruntait tant lorsqu’il est arrivé à Paris.
Jouant avec les interdits et les autorisations, l’exposition Ne pas effacer questionne avant tout la notion de valeur – qu’il s’agisse de l’intérêt de l’industrie, du luxe, de l’envolée des prix en salles des ventes ou du montant disproportionné des amendes encourues – en regard d’autres valeurs plus humaines, sociétales ou esthétiques. Car si le geste n’est plus gratuit et les oeuvres bien en vente, les artistes continuent de créer en faisant évoluer leur art pour s’adapter à une époque où leur mode d’expression est devenu un phénomène.