Martin Reyna

Martin Reyna


Exposition du 22 septembre au 31 octobre 2015
Galerie Teodora, Paris

Telle une pellicule photographique trempée par la pluie, et d'où s'écouleraient des clichés capturés, les toiles de Martin Reyna libèrent ce qui est encré/ancré.

Sur un papier parfaitement blanc, l’artiste déroule des bandes horizontales dont les couleurs se disloquent en rythme. Notre regard balaye d’abord l’espace de gauche à droite, orienté par l’étirement de larges lignes.

Puis, dans un second temps, il découvre toute la subtilité d’un univers artistique orchestré par la juste mesure du «  plein » et du « vide ». Aux masses opaques s’alternent des voiles aériens, aux profondes teintes se confrontent des nuances dégradées, aux fines coulures descendantes se succèdent des évaporations ascendantes… En résultent une composition équilibrée, une symbiose des contraires.

Plus près encore, les jeux sur la densité de la matière picturale trahissent la parfaite maîtrise du rouleau utilisé par l’artiste. Les traces transposent les pressions plus ou moins fortes exercées par Martin Reyna sur son outil, au moment où il transfert l’encre ou l’aquarelle. Les nuages de couleurs implosent autant qu’ils explosent sur une onde linéaire savamment répétée, revenant incessamment à ligne pour se reproduire à nouveau.  

De ce découpage séquentiel émane surtout une poésie. En prenant du recul, des silhouettes filandreuses ou nébuleuses semblent se dresser face à nous. D’un autre angle, une sensation de vitesse émerge, pareillement à un paysage qui défilerait à travers la vitre d’une voiture. Enfin encore, la répétition des masses plus ou moins épaisses semblent être une transposition visuelle d’ondes émises par une musique…

Pour vous faire un avis, rendez-vous le mercredi 7 octobre à partir de 18h à la galerie Teodora.

 

Article : Anne-Laure Peressin

Visuel :  Martin Reyna, Sans titre, technique mixte sur papier marouflé sur toile, 50 x 65 cm.