Daniel Mohen, Mise en œuvre de la Peinture

Daniel Mohen, Mise en œuvre de la Peinture


Exposition du 12 mars au 02 mai 2015
Galerie Teodora, Paris

Les toiles de Daniel Mohen rendent visibles une réalité, ou pour être plus exact, l’essence-même d’une réalité. Nos yeux ne peuvent la voir, nos paroles ne peuvent la décrire qu’imparfaitement… Cette réalité, c’est celle de l’existence. Ce mot peut paraître fort, voire intense. Et pourtant, il sonne juste lorsque l’œil découvre l’univers artistique de ce peintre. 

Les plages colorées vibrantes se juxtaposent et composent ses paysages. Oui, des paysages ! Bleu azur, jaune ocre, vert tendre rappellent les tonalités d’un cours d’eau, d’un monde végétal ou de terres plus arides. Des sensations colorées projettent l’observateur dans une phase méditative, un retour aux sources, à l’essentiel… à la nature. 

Ses fenêtres ouvertes sont éminemment personnelles et s’offrent comme des projections mentales des rapports que le peintre tissent avec le monde. Tournesols, cascades, flaques gelées sont autant d’éléments naturels, sujets d’intérêts et d’introspections pour Daniel Mohen, que de titres attribués à ses toiles. 

L’homme capte sur le motif  les couleurs, formes et diverses sensations croisant son chemin lors de promenades. Il s’imprègne tant de l’atmosphère que du détail, de la lumière que de l’ombre… Des tonalités froides à celles plus chaudes, toutes ses toiles retranscrivent une rencontre : celle de l’œil du peintre face à un paysage naturel.

La matière colorée porte l’emprunte physique de l’artiste et témoigne d’un corps à corps avec la toile. Le coup de pinceau laisse les traces de son passage, indique la direction portée par la main et dirige notre œil. L’ensemble soulève un dynamisme latent : la force d’un geste, le rapidité d’une exécution, l’intensité de l’acte de peindre.

Ses peintures sont exposées à la galerie Teodora jusqu’au 2 mai, une belle occasion de rendre hommage à la nature qui s’éveille doucement en ces premiers jours printaniers.

Texte : Anne-Laure Peressin

Crédit visuel : La Cotinière, 2014, acrylique sur toile, 146 x 114 cm