Bô Gestes-Selfies

Bô Gestes-Selfies


Exposition jusqu'au 22 septembre 2019

La Galerie Rouan présente du 6 au 22 septembre l’exposition Bô Gestes-Selfies regroupant les dessins de Adelinaa, Wozniak et Kerleroux. 

Le selfie. Pour certains, une obsession, pour d’autres le poison de notre temps : les avis divergent sur cette nouvelle pratique rythmant dorénavant la vie sociale de certaines personnes. 

Tel Narcisse qui tomba amoureux de son reflet, chacun semble s’attacher à sa propre image, sans jamais se lasser des nombreuses représentations désormais possibles. Par les progrès technologiques, chaque individu armé d’un Smartphone a dorénavant la capacité, en un clic, de capturer son portrait. Une occupation qui tourne à l’obsession lorsque l’on regarde autour de soi, dans la rue, dans les musées, où même les œuvres d’art se font tourner le dos par un public autocentré. 

Ce sont, justement, à ces travers de la société que Wozniak, Adelinaa et Kerleroux ont décidé de s’intéresser. Et c’est principalement avec l’outil qu’est l’humour que ces trois dessinateurs arrivent à exprimer les vices des populations qui les entourent. Nous voilà alors confrontés à des dessins qui frappent par leur justesse. Une femme de profil occupe une grande partie du support, le regard vide, la tête vers le haut, la bouche grande ouverte, tout son corps semble s’agencer pour le but précis de la photographie. Car ses bras, dans une position semblant inconfortable, tiennent, non pas une, mais bien deux longues branches couronnées par un écran de téléphone.

La femme semble totalement hypnotisée, et ne prend même pas le temps de regarder derrière son épaule pour apprécier les immeubles colorés et le pont qu’offre ce qui semble être un village. Le fond blanc de la feuille contraste avec des couleurs franches allant du rouge au jaune, en passant par du marron. Et les nuances, qui laissent parfois apercevoir les coups de pinceau, détaillent l’expression de la femme. Son œil, le seul qui nous est exposé, est démesurément grand, la blancheur de la feuille est laissée immaculée et dessine le globe oculaire. Le regard semble cerné, fatigué, comme si, finalement, l’humanité s’était un peu échappé de la pupille de cette femme sûrement trop obnubilée par sa propre image.

Texte : Angèle Imbert

Crédit Visuel : Wozniak et Adelinaa, dessin tiré de l’exposition Bô Gestes-Selfies


Galerie Rouan
3 rue Perrée
75003 - Paris