Entrer le silence, Zhou Yuzhi

Entrer le silence, Zhou Yuzhi


Exposition du 06 septembre au 06 octobre 2018
Galerie New Image, Paris

La Galerie New Image présente du 06 septembre au 06 octobre l’exposition Entrer le silence de l’artiste Zhou Yuzhi, exposant cinq peintures à l’huile ainsi que ses dessins.

Chacun a déjà rêvé de se balader seul, sans un bruit, sans un passant, dans les rues d’une ville. De se laisser guider par ses pas, et où la résonnance de chaque foulée devient le seul bruissement qui retentit.

Face aux peintures de Zhou Yuzhi, ce calme apparaît soudain, et nous sommes transportés dans ces paysages déserts et solitaires. Comme si le temps c’était soudain arrêté, comme si la société s’était mise sur pause le temps d’une nuit, sous le regard du peintre. Mais ces vues sur des rues infréquentées ne semblent pas réellement exister. Ces situations semblent finalement sorties directement de l’imagination de l’artiste, nous laissant que peu de repères. Tel un désir profond de solitude, de sérénité, qui s’appose sur la toile sous la forme d’une ville qui dort.

Une atmosphère omniprésente domine l’ensemble des tableaux, un camaïeu de gris compose les paysages, nous désorientant aussi bien qu’il nous subjugue. Le ciel, couvert de nuages opaques, nous fait perdre toute notion de temps. Seules quelques éclaircies illuminent les bâtiments, comme pour mettre en valeur l’architecture d’un restaurant de quartier, d’un immeuble coloré. Ces instants pourraient alors représenter la pleine nuit, où les lampadaires de la ville s’allument et se reflètent sur les édifices. Ces moments pourraient aussi dépeindre une journée orageuse, où les rayons du soleil ne parviennent que rarement à percer l’épaisse couche de brume. La population a, dans les deux cas, déserté, pour se mettre à l’abri. Mais alors que toute trace de vie semble avoir disparu, deux silhouettes se profilent au coin d’une rue. Il faut alors se rapprocher de la toile pour en saisir les détails, ces deux personnages semblent être de jeunes mariés, défiant les allées solitaires pour se retrouver. Se prenant la main, nous avons alors envie de les suivre dans ces rues désertes, comme s’ils pouvaient voyager de tableau en tableau, comme s’ils pouvaient se balader entre chacune de ces toiles.

Texte : Angèle Imbert

Crédit Visuel : Zhou Yuzhi, vue de l’exposition Entrer le silence