Sowat, Tempus Fugit

Sowat, Tempus Fugit


Exposition jusqu'au 17 décembre 2016

Du 17 novembre au 17 décembre 2016, la Galerie Le Feuvre expose les œuvres de Sowat dans Tempus Fugit.

Né en 1978, Sowat est un street artist de la deuxième génération du graffiti français, digne héritier de celle qui contribua à donner au genre ses lettres de noblesse dans les années 1980 aux Etats-Unis. Franco-américain, le plasticien l’est autant par ses origines personnelles que dans son travail, qu’il n’a de cesse de nourrir des influences les plus diverses.

Du cholo-writting, art qu’il a pu observer, adolescent, dans les rues de Los Angeles et qui dérive d’une manière pour les gangs latinos californiens, de marquer leur territoire,  à l’art de la calligraphie – qu’elle soit chinoise, arabe ou indienne –, en passant par l’expressionnisme abstrait, la vidéo ou l’archéologie ; mais aussi des murs de l’ancien parking d’Aubervilliers qui virent naître, en 2012, le Mausolée sur lequel il travailla, pendant un an et dans le plus grand secret, avec son ami Lek et des figures emblématiques de la scène du graffiti française, à ceux du Palais de Tokyo ou aux collections du Musée National d’Art Moderne, Sowat explore et mêle dans son travail des veines artistiques multiples. Il désenclave les genres, rend poreuses les frontières entre l’art et la technique, entre la rue et le musée, dont il parvient à acquérir une reconnaissance univoque. Témoin la résidence obtenue à la Villa Médicis, première décernée à un artiste issu du monde du street art.

C’est au cours de cette pension d’un an à la prestigieuse Académie de France à Rome (de septembre 2015 à août 2016) que Sowat réalise les toiles présentées à la Galerie Le Feuvre. A la villa, qui accueille depuis 1803 les sélections les plus prestigieuses d’artistes français, Sowat, comme ses illustres prédécesseurs, contemple l’antique omniprésent et ajoute une nouvelle référence à son travail. Ses compositions prennent l’apparence de tablettes antiques à déchiffrer, comme usées par le temps qui aurait dégradé ou effacé certains des mots gravés dans la pierre. A l’encre, sur une surface plane, semblent retranscrits les bas-reliefs usés par la fuite du temps qui composent une part importante de l’univers visuel romain.

Sur ses toiles se décline un riche répertoire de signes, recomposant maints labyrinthes dans lesquels l’œil aime à se perdre et ne trouve jamais de point de repos. Sans cesse en mouvement, le regard trébuche presque sur les aspérités du trait, devenu ici une tache, une coulure ou une éclaboussure. Le geste, franc et puissant, répété à l’infini, recompose une écriture à mi chemin entre hiéroglyphes et kanji, faites de lettres inventées à partir de celles qui peuplent les différents alphabets dont Sowat s’est inspiré. La régularité et la géométrie de la composition sont volontairement brouillés par des taches, venues introduire animation et jeux de couleurs. La fluide liquidité de l’encre de Chine est mise à mal par ces accrocs qu’on imagine savamment disposés par l’artiste, avec lesquels celui-ci s’amuse des notions d’ornementation souvent appliquées au tag, mais aussi de répétition et de copie, auxquelles les pensionnaires de la Villa Médicis, venus observer et reproduire à Rome le travail des Maîtres qui les ont précédés, ont longtemps dû s’appliquer.

Infos :

Vernissage en présence de l’artiste jeudi 17 novembre, dès 18h.

Ouvert du mardi au vendredi, de 11h à 19h ; le samedi, de 13h30 à 19h.

Visuel : Sowat, Tempus Fugit, encres sur toile, 162x130 cm, 2016, en situation à la Villa Médicis.

 

Texte : Horya Makhlouf


Galerie Le Feuvre
164 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 - Paris

28 expositions passées