Simon Hantaï, Panse

Simon Hantaï, Panse


Exposition jusqu'au 24 novembre 2012

La galerie Jean Fournier est heureuse de présenter cette exposition consacrée à une des séries rarement exposées de Simon Hantaï, les Panses datant de 1964 et 1965. Cette exposition fait écho à « Déplacer, déplier, découvrir » organisée récemment par Marc Donnadieu, de mars à mai 2012, au LaM de Villeneuve d’Ascq où des peintures de cette même suite les Panses étaient réunies.
Dès 1967, Jean Fournier avait pour la première fois montré dans sa galerie de la rue du Bac un important ensemble de Panses de petit format à l’occasion de l’exposition Peintures 1960–1967. Silences rétiniens qui avait été remarqué par de jeunes artistes comme Pierre Buraglio, Daniel Buren, Jean-Michel Meurice ou Michel Parmentier.
Le début des années 1960 correspond à une période charnière dans l’oeuvre de Simon Hantaï puisque c’est alors qu’il établit « le pliage comme méthode ». Cette méthode quasi-archaïque montre la volonté de l’artiste de repartir de zéro, de renoncer volontairement à ce qu’il sait alors, en intégrant une pratique qui l’oblige à peindre en aveugle, échappant au « je » du peintre. Deux séries réalisées par pliage précèdent ainsi les Panses : les Mariales (1960-1962) et les Catamurons (1963-1964). Suivront les Meuns (1967-1968), les Études (1969-1970), les aquarelles sur toile en 1971, les Blancs (1973-1974), puis les Tabulas dont les premières sont réalisées dès 1972 jusqu’aux années 80 et enfin les Laissées, toiles issues des Tabulas que l’artiste retravaillera à la fin des années 80, début des années 90.
La série des Panses, initialement intitulée Suite-Maman ! Maman !, dits : La Saucisse, fait référence au texte de Henri Michaux, dans Vents et Poussières : « Tout, véritablement tout, est à recommencer par la base : par les cellules, de plantes, de moines, de proto-animaux : l’alphabet de la vie. (…) La cellule peut encore sauver le monde, elle seule, saucisse cosmique sans laquelle on ne pourra plus se défendre ».

Ainsi en va t-il des Panses de 1964-1965, pour lesquelles Hantaï procède par pliage multiple d’une même forme, nouant la toile aux quatre angles en un sac ovoïde, laissant au blanc un champ périphérique important. Le champ coloré quant à lui se sédimente au centre en une intense variation chromatique mêlant des couleurs terreuses à des bleus, des roses ou des verts très lumineux.
Dans L’Étoilement, conversation avec Hantaï, Georges Didi-Huberman évoque cette série en précisant qu’elle « se réfère explicitement à une problématique de la gestation, de la foetalité et de la parturition. Un même mot hongrois, explique Hantaï, un même mot « grossier et très beau » dit à la fois l’état d’une femme « pleine » et la « saucisse » que l’on mange après avoir tué le cochon. Aujourd’hui, Hantaï nomme cela, en français très surdéterminé, la panse. Si la peinture pense, elle le doit d’abord à ce que la toile, comme panse, se sera rendue capable de délivrer matériellement : à savoir, dans les tableaux de Hantaï, un accès au travail intime, dialectique, du pliage et de ses conséquences pigmentaires ou chromatiques (intensives), non compositionnelles ou embrassantes (extensives) ». À la veille de la rétrospective qui sera consacrée à l’artiste au Centre Georges Pompidou de mai à septembre 2013, cette exposition permettra de prendre toute la mesure de l'importance de la série Panses dans l'oeuvre de Simon Hantaï.

Simon Hantaï, Panse, 1964, huile sur toile, 127 x 103 cm, courtesy galerie Jean Fournier, crédit photographique Laurent Lecat


Galerie Jean Fournier
22 rue du Bac
75007 - Paris

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