Deserto - Miguel Branco

Deserto - Miguel Branco


Exposition du 28 janvier au 31 mars 2012
Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris

Du 28 janvier au 31 mars 2012, la galerie est heureuse de présenter une exposition de l'artiste Miguel Branco (1963) intitulée Deserto. L'exposition est composée de plusieurs installations reliées entre elles et conçues spécifiquement pour nos deux espaces du Marais.
Plusieurs installations sont présentées : l'œuvre intitulée Sans titre (d'après le Paysage avec Diogène, 1647 de Nicolas Poussin) de 2011 est composée d'écuelles, de petits bols, de plats et de cloches, tous réalisés en résine blanche immaculée. Elle fait référence au fameux tableau de Nicolas Poussin de 1647 intitulé Paysage avec Diogène représentant en premier plan le fameux philosophe grec de l'antiquité, Diogène de Sinope, proche d'un jeune homme à genoux buvant de l'eau dans le creux de sa main, au bord d'une rivière. A son côté, Diogène qui observe la scène, contrit et confus, jette l'écuelle qui lui servait à boire, dans une prise de conscience du superflu représenté par cet objet qui symbolise son dernier attachement au monde matériel. L'œuvre est ainsi empreinte de renoncement et de confiance absolue.
Une autre installation intitulée Sans titre (Restes), 2011 est composée de bols et de tasses en bronze de dimensions réduites. Chaque pièce, de par le choix du matériau (bronze) et de la patine, a été conçue et disposées en référence aux objets des fouilles archéologiques Etrusques et Romaines.  Par ces objets, l'artiste crée l'illusion d'un "musée imaginaire" et nous invite ainsi à découvrir les vestiges d'un passé historique fictif : simulacre du musée (lieu qui préserve et sacralise l'art) reproduit à l'intérieur de l'espace de la galerie d'art. La puissance de ces œuvres est justement dans cette tension toujours présente tout au long de la série.
La quinzaine de moines en bronze intitulés Sans titre (Moine), 2011 dont la patine a été pensée et travaillée dans le moindre détail, nous plonge dans un univers empli de références ancestrales et archéologiques. Ces êtres, à l'image des anachorètes qui se retirent dans le désert pour se consacrer à la prière et à des exercices de pénitence, ont fait le choix d'une vie spirituelle dans la solitude et le recueillement ; ils sont à la recherche ou à l'écoute de vérités supérieures ou de principes essentiels. Ces moines, à la fois centrés sur eux mêmes et prêts pour la bataille, sont des guerriers de l'esprit. Il y a en eux une tension latente issue des éléments structurels qui les composent. Ici, les moines sont affinés jusqu'à en devenir ascétiques, à l'image de l'icône par excellence de l'Art du Gandhara - le Buddha ascète du Musée de Lahore - et leur dénuement nous offre une nouvelle forme d'émergence.
L'articulation des œuvres entre elles, leur emplacement, ainsi que le parcours dessiné par l'observateur qui les découvre sont fondamentales à la compréhension de cet univers artistique, à la fois mystérieux et étrange. Cet ensemble d'œuvres édifiées dans l'abandon des choses, se présente à nous dans toute la subtilité d'une voix silencieuse qui a un message clair à nous formuler.