Trajectoires V, Daniel Pandini et Gatien Mabounga

Trajectoires V, Daniel Pandini et Gatien Mabounga


Exposition du 06 septembre au 06 octobre 2012
Galerie Frédéric Moisan, Paris

Pour la 5ème année consécutive, la galerie Frédéric Moisan a la plaisir de s’associer au Parcours des mondes, le salon international des Arts premiers. Préservant sa ligne contemporaine, l’exposition Trajectoires V réunit les "reliefs peints" de Daniel Pandini et les dessins au charbon de Gatien Mabounga. Siégeant à fleur de mur, ces compositions sont réalisées avec une économie de moyens étonnante, à l’aide de matériaux bruts et naturels tels le bois ou le charbon.
Matisse semble présider à leurs recherches, imposant la découpe du support : panneau de bois chez Daniel Pandini et feuille de papier ou tissu chez Gatien Mabounga. De même, le pliage se retrouve dans ces deux techniques. Si elle se découpe dans l’espace, l’oeuvre de Daniel Pandini restera pliée sur elle-même, préservant son noyau. Chez Gatien Mabounga, au contraire, le rectangle s’est déplié. Après froissement et collage, l’oeuvre se met à nu laissant apparaître les traitements infligés au papier.
Apparenté aux recherches de Mondrian, l’oeuvre de Daniel Pandini explore la voix de l’abstraction par une simplification radicale des formes et un usage fréquent des couleurs primaires. Nous pensons à la peinture concrète tant elle s’intéresse au réel des formes, des couleurs et de la surface. Le rectangle originel est restructuré par un découpage de formes rendues sensibles notamment par un jeu subtil de couleurs. D. Pandini insuffle à ses oeuvres cette sourde vibration du vivant.
L’épuration aussi dans les dessins de Gatien Mabounga qui ne formule pas les détails et donne la primauté au geste. Les lignes ont la pureté de l’enfance et créent l’émotion. Le trait, dynamique et ondulant, résume l’essentiel des figures. Après le fusain et les craies, il s’attaque au relief, à sa manière, composant la ligne à l’aide de cordes et de ficelles. Enfin, comment ne pas évoquer la force des couleurs employées. Ce don s’est révélé par le biais de son père, relieur, pour qui il a l'idée d'enrichir le cuir de piments colorés. La couleur, également, au coeur de chacune des opérations par lesquelles l’oeuvre de Daniel Pandini se construit. Ces recouvrements successifs créent une pulsion interne qui anime la surface.