M. Schmidt et M. McAllister, Traverser les rêves, trouver les ponts

M. Schmidt et M. McAllister, Traverser les rêves, trouver les ponts


Exposition du 22 novembre au 04 décembre 2016
Galerie De Buci, Paris

Du 22 novembre au 4 décembre 2016, la Galerie De Buci expose Masha Schmidt et Marcus McAllister dans Traverser les rêves, trouver les ponts.

Son titre place d’emblée l’exposition sous l’égide de la poésie et de l’onirisme. Les deux artistes que la galerie confronte ont l’habitude des va-et-vient entre les médiums, entre la technique et la spontanéité, entre le réel et l’imaginaire.

Marcus McAllister, Français d’origine américaine installé à Paris depuis une vingtaine d’années jongle sans cesse entre carnet, dessin et peinture. Les symboles et les signes qu’il explore se transmettent d’un support à l’autre, du crayon au pinceau, et donnent forme à des compositions abstraites dans lesquelles se lisent ici un animal, là un arbre ou la silhouette d’un corps. L’oeil scrute à travers les coulures, les effets d’estompage, les figures et les ombres qui ne semblent plus faire qu’un, les plans en transparence qui se superposent jusqu’à brouiller toute notion d’espace. Le fond et la figure fusionnent et disparaissent presque, et les associations entre les différents éléments naissent d’elles-mêmes, laissent place à mille histoires, toutes en puissance, absolument incontrôlées et incontrôlables. L’esprit est pris dans une aventure fantastique et merveilleuse à laquelle on ne trouve ni début ni fin.

Masha Schmidt prolonge et répond à cet onirisme débordant. Les paysages qu’elle compose sont autant réels par l’inspiration qui a présidé à leur création qu’imaginaires par la forte émotion qu’ils impriment chez le spectateur. Ils sont une porte à l’infini aussi bien qu’à l’intime par l’immensité qu’ils convoquent et l’introspection à laquelle ils invitent. Les espaces qu’elle invente puisent dans la nature, dans les rêves et dans la mythologie. La dernière série présentée par la galerie, « Golden rain », appelle immédiatement le grandiose et l’antique. Les toiles y font écho à la pluie d’or en laquelle Zeus un jour se changea, et ravissent l’esprit du spectateur autant que le dieu ravit Danaé. La matière vibre, répond et se mêle aux traits graphiques qui, plutôt que de la contenir, soulignent sa puissance expressive, accentuent son pouvoir de séduction.

Le titre de ce dialogue instauré par la Galerie De Buci est à prendre au pied de la lettre. Ce sont véritablement les rêves que les artistes invitent à traverser, et les ponts, entre les mondes, l’infinité d’univers et d’imaginaires possibles, qu’ils appellent à trouver.

Infos :

Vernissage jeudi 24 novembre.

Ouvert du mardi au samedi, de 11h à 19h.

Crédit visuel : Marcus McAllister, Un passage et un pont, 100x100.

 

Texte : Horya Makhlouf