L'art des Balkans au féminin

L'art des Balkans au féminin


Exposition du 03 décembre 2018 au 25 janvier 2019
Galerie Boris, Paris

Quatre femmes, quatre témoignages de L’art des Balkans au féminin. Du 3 décembre 2018 au 25 janvier 2019, la galerie Boris présente certaines des artistes serbes les plus prometteuses de leur génération.

A première vue, rien ne rapproche Neda Arizanovic, Tijana Kojic, Dragana Markovic, et Kristina Pirkovic, à part leur nationalité serbe. Mais en y regardant de plus près, nous découvrons que ces très jeunes pépites de la scène artistique serbe – aucune n’a atteint ses trente-cinq ans – ont déjà accroché leurs œuvres à la galerie Boris. Toutes les quatre travaillent sur l’humain : « ses rêves, son passé, son histoire ».

L’art des Balkans au féminin illustre la richesse des écoles artistiques serbes, en témoignent ces quatre femmes aux techniques différentes. Pour figurer l’Homme, elles emploient aussi bien la peinture à l’huile que la gravure ou le dessin. L’art de Tijana Kovic se singularise d’ailleurs par le mélange des techniques dans une même œuvre.
Représenter l’humain c’est aussi représenter sa psychologie complexe. Pour ce faire, Neda Arizanovic développe sur la toile des scènes aux couleurs acidulées, gourmandes, tandis que Dragana Markovic préfère réaliser de grands portraits très expressifs. Agnès, par exemple, donne à voir le personnage éponyme de L’Ecole des femmes de Molière. Choix intéressant d’ailleurs : parmi tous les personnages féminins du dramaturge, Dragana Markovic choisit ici celle dont la candide ignorance triomphe des machinations masculines. Sur une toile carrée, le visage de la jeune fille nous apparaît en gros plan. Sa bouche ouverte signifie sa surprise, chose guère étonnante pour une enfant volontairement exclue de la réalité du monde par son tuteur. La palette pastelle le caractère onirique des cercles colorés qui traversent la toile, comme si Dragana Markovic cherchait à représenter le nuage enfantin qui se dissipe dans l’esprit de la jeune fille à la lumière de sa découverte. L’artiste peint en fait un portrait intellectuel, interne, d’Agnès en s’appuyant principalement sur la force expressive de son modèle.

 

Texte : Marie-Amélie Muriel

Crédit : Dragana Markovic, Agnés, série « Molière, mise en peinture », 2017, huile sur toile, 100 x 100cm, ©Dragana Markovic/Galerie Boris