Le choix de l'humain, Gabriel Schmitz

Le choix de l'humain, Gabriel Schmitz


Exposition jusqu'au 14 avril 2012

Gabriel Schmitz évoque son processus de création en octobre 2005 : "L'image que je cherche est prise hors du contexte, mise à nue de toute notion d'avant ou d'après : une présence et non pas une conséquence, ou un simple passé qui l'engendrerait. Le temps est comme suspendu tout en ne cessant d'exister, étrangement : il change simplement de direction, son flux se referme sur lui-même devenant un circuit clos ; fragment de temps toujours en mouvement mais sans chemin évident, et qui peut donc se séparer du flux du temps sans pour autant contredire son essence.
La toile bi-dimensionnelle est pour moi un réceptacle approprié pour contenir la substance fugitive du temps. Étrange ceci, car aucune forme d'expression ne dépend si peu du temps que la peinture, qui semble si réductible à un concept purement spatial.
Peut-être pour rendre justice â la complexité du processus de création, on devrait l’appeler "huile et temps sur toile". Et ceci alors ne désignerait pas seulement le temps que je passe dans l'atelier.
C'est comme trouver une page particulière dans un bouquin que l'on ne connaît pas, une page sur laquelle rien n’est écrit. Et pourtant cette page-ci contient l'entièreté du livre. Le silence de la page équivaut au silence d'une histoire pas encore racontée mais qui cependant existe. Un silence qui réclame sa propre particularité, une absence de mots qui est spécifique et non pas générique. Un silence qui devient moule pour toutes les histoires potentielles évoquées dans le spectateur. Alors son appel à la singularité se déplacerait tout lentement en direction de la personne qui le percevrait.
Je ne comprends pas mon travail et je ne crois pas non plus qu’il s’effectue sur un registre de compréhension. J'ai saisi quelque chose de ma motivation, mais je ne sais rien des visages et des personnages qui commencent quelque part et finissent ailleurs. Il s'agit de personnages dont je voudrais connaître les histoires, mais la source originale se voit lentement oblitérée par le processus de la peinture. Personne ne peut revendiquer une raison décisive pour leur être. Moi le moins.
Saisir un sujet est plus que le décrire. Il y a toujours deux champs : le réel, et son approximation en mots (ou peinture). Mais une œuvre sur toile, lorsqu'elle est réussie, devient si indépendante de son point de référence originale (le sujet traité) qu'elle doit rompre tout lien avec la réalité représentable pour être honnête avec sa condition propre. Une peinture devrait proclamer sa propre vérité sur l'acte de voir, et sur le vu."


Galerie Arcturus
65 rue de Seine
75006 - Paris

48 expositions passées