Geneviève Asse, De gris et de bleu

Geneviève Asse, De gris et de bleu


Exposition du 03 novembre au 17 décembre 2016
Galerie Antoine Laurentin, Paris

Du 3 novembre au 17 décembre 2016, la galerie Antoine Laurentin présente De gris et de bleu, une exposition de Geneviève Asse.

Répondant à un souhait tenu de longue date par Antoine Laurentin, l’exposition présente un ensemble d’œuvres réalisées entre les années 1960 et 2015 par l’artiste peintre et graveuse française. Né en 1923, celle qui s’est engagée, avec son frère, dans les FFI, a étudié aux Arts Décoratifs, travaillé dans les ateliers de Montparnasse et exposé au Salon d’automne. Admiratrice de Chardin autant que de Turner ou de Delaunay, elle retient d’eux un grand sens de la lumière et de la manière de la rendre sur toile. Au contact de Samuel Beckett, André Lanskoy, Serge Poliakoff et Nicolas de Staël, qu’elle côtoya dans les années 1940, ou de Jean Bazaine, Jean Le Moal et Alfred Manessier, avec lesquels elle contribua aux vitraux de la cathédrale Saint-Dié-des-Vosges, elle développe un langage de plus en plus abstrait, au cœur duquel elle place, encore et toujours, la lumière.

De ses premières natures mortes à cette sorte d’architecture du bleu, couleur privilégiée de Geneviève Asse, la manière du peintre s’est défaite peu à peu de tout référent au réel pour n’en retenir que ce qui le fait apparaître : la lumière. Et l’artiste d’expliquer : « A l’abstraction, je suis venue lentement, par sobriété et économie. Ne garder que l’essentiel, la lumière, en diminuant les formes et le graphisme ». Sur des formats verticaux ou horizontaux, se déclinent de larges aplats de bleu aux mille nuances, scindés par les jeux de lumière dont ils se font les reflets et les échos, parfois divisés par un mince trait rouge – que l’on retrouve dans certaines œuvres de son ami Nicolas de Staël et qui, comme chez lui, anime la composition d’une vivacité et d’une animation nouvelles, y introduit une sorte de drame sourd et mystérieux, qui vient rompre la quiétude absolue de ces paysages entre ciel et mer, à la fois réels et mentaux.

Le « bleu Asse » se situe ainsi toujours dans l’entre-deux, tiré de la mer bretonne qui la fascine depuis toujours et près de laquelle, sur son refuge de l’Île-aux-Moines, elle s’est installée, mais recomposé dans son esprit. La peinture de Geneviève Asse, déployée sur toile et ici sur 40 œuvres de papier, évoque l’absence, se fait ode à l’infinité des horizons possibles, éloge de la lumière et de la beauté qu’elle rend possible.

Infos :

Vernissage jeudi 3 novembre.

Ouvert du mardi au vendredi, de 10h30 à 13h et de 14h à 18h30 ; le samedi de 14h à 18h.

Crédit visuel : Geneviève Asse, 1976 – Copyright Galerie Antoine Laurentin.

 

Texte : Horya Makhlouf