Antoine Mortier, encres et huiles

Antoine Mortier, encres et huiles


Exposition du 19 janvier au 24 février 2018
Galerie Antoine Laurentin, Paris

Du 19 janvier au 24 février, la Galerie Antoine Laurentin présente les travaux de l’artiste belge Antoine Mortier. Une quinzaine d’encres et d’huiles de grand format, réalisées entre le début des années cinquante et la fin des années soixante-dix, ont été sélectionnées parmi l’oeuvre du peintre et sculpteur. 

L’oeuvre d’Antoine Mortier (1908-1999) a traversé son siècle tout en réussissant à s’en tenir légèrement à distance. Presque quatre-vingts ans d’une création picturale et sculpturale qui ne se laisse assigner à aucun mouvement précis : si l’on retrouve dans ses oeuvres les échos des débats artistiques des avant-gardes du XXe siècle, tous ces apports, toutes ces réflexions successives se dissolvent dans une approche sensible et poétique des figures et des choses, que l’historienne de l’art Camille Brasseur qualifie de  « transfiguration du réel ». 

Né à Bruxelles, Antoine Mortier y étudie à l’Académie des Beaux-Arts l’ornement, le modelage et la perspective. Il commence à sculpter dès ses quinze ans, mais ne se consacre complètement à son art qu’à partir de 1959. Les difficiles conditions matérielles qu’il connaît alors favorisent sa pratique de l’encre et du papier, médiums plus accessibles pour réaliser les grands formats qu’il affectionne particulièrement. Il lui faut attendre la fin des années soixante pour voir son travail reconnu, notamment lors de la première grande rétrospective qui lui est consacrée en 1969 au Palais des Beaux-arts de Lille. 

De la contemplation des tableaux d’Antoine Mortier se dégage le sentiment paradoxal d’avoir accédé à une beauté immuable des choses, révélée par la souplesse du mouvement de pinceau, au moment-même où cette matière évanescente fait sentir qu’il ne s’agit là que de traces, de fragments restés hors de portée. Tout fonctionne par suggestions, par nuances successives de la couleur salie ou légèrement dégradée qui laisse l’ombre la sculpter doucement. En ce qui concerne les encres, l’économie extrême de moyens, choix tout aussi bien artistique que pratique, y tient du dessin d’enfant : simplicité et apparent inachèvement du trait confèrent à ces compositions anthropomorphiques une vérité touchante, comme s’il ne restait du sujet que sa structure essentielle et fragile. Antoine Mortier pensait que « le plus secret, le plus beau ne s’acquiert que par l’amour persévérant et l’effort silencieux » . Dans l’oeuvre Affirmation, une ombre étrange traverse ainsi la lumière de la toile, monumentale, mais à la solidité adoucie par la subtilité du traitement du noir. Elle nous laisse la sensation de cette exaltation silencieuse, quasi religieuse, qui est propre à son oeuvre. 

 

Vernissage le 18 janvier 

 

Texte : Alix Ricau

Crédit visuel : Affirmation, Antoine Mortier, huile sur toile © Galerie Antoine Mortier