Rachid Koraïchi et Maître Akeji

Rachid Koraïchi et Maître Akeji


Exposition jusqu'au 10 décembre 2016

Du 19 novembre au 10 décembre 2016, A2Z Art Gallery expose la rencontre des artistes japonais et algérien Akeji Sumiyoshi et Rachid Koraïchi, les photographies de Hervé Desvaux qui l’ont immortalisée et les œuvres à quatre mains qui en ont résulté.

Quelle incroyable rencontre que celle de Maître Akeji, trésor vivant de la calligraphie japonaise, budoka (expert en arts martiaux) et chaman, et de Rachid Koraïchi, peintre, sculpteur et graveur algérien !

Le premier est né à Kyoto, en 1938, a appris de son grand-père les arts martiaux et celui du pinceau, pratique le Zen, dont il a approfondi la connaissance dans des sanctuaires shintô. Il vit aujourd’hui reclus, sur le flanc de la montagne Kuramayan, au nord de Tokyo, avec sa femme et la nature, en parfaite harmonie. Sa pratique de la calligraphie est profondément empreinte du respect et de l’admiration infinis qu’il porte à la terre, aux hommes et au monde. Chaque jour, il va chercher dans la forêt qui environne son refuge les matériaux nécessaires à la fabrication de son encre et du papier qu’il en recouvre. Alliant pratiques ancestrales et techniques originales tenues secrètes, il explore les possibilités d’un art dans lequel il excelle et s’en sert pour explorer les mystères de sa langue.

Car les mots et les langages, avec le temps, changent et disparaissent. Avant l’arrivée des caractères chinois au Japon, l’écriture était basée sur des idéogrammes, envisagés comme des signes magiques censés réaliser des miracles. Akeji Sumiyoshi cherche à ressusciter ces trésors oubliés, en les faisant renaître sur son papier et en les parant des plus belles couleurs minérales, des courbes emplies de la plus grande douceur… Et d’expliquer : « J’utilise des mots qui ne sont plus utilisés à dessein, notre époque en a besoin. Même si leur sens n’est plus compris, il est important qu’on les ressente, qu’on les contemple. Il n’est même pas nécessaire de les lire. ».

Rachid Koraïchi est celui pour lequel Akeji Sumiyoshi a accepté de quitter, l’été 2014, la tranquillité de ses montagnes adorées. Le Japonais rejoint l’Algérien dans une résidence d’artistes que celui-ci occupe depuis quelques années déjà au Maroc, près d’Essaouira. Né à Ain Beïda, en Algérie, sa pratique puise elle aussi dans les savoir-faire de son pays natal, que Rachid Koraïchi allie à une culture occidentale qu’il a acquise à Paris, aux Arts Décoratifs et aux Beaux-Arts mais aussi à l’Institut d’Urbanisme de la capitale. Fasciné lui aussi par le trait, dont il admire la danse majestueuse dans des manuscrits ancestraux dès son plus jeune âge, il est aussi empreint de la spiritualité soufie transmise par sa famille.

Les deux artistes nourrissent la même fascination pour l’écriture, « l’écriture c’est la vie » confie Rachid Koraïchi, qui la décline sur tous les supports et aspire à « rendre compte de l’élan intime qui inspire les textes [dont il s’inspire] ». Saisissantes explorations de chacune de leur culture, de leur ouverture sur le monde et de leur fascination pour le sublime qui y est omniprésent, les œuvres des deux artistes s’allient pour aller plus loin que jamais dans cette vertigineuse immersion.

A l’or et au bleu récurrents dans l’oeuvre de Rachid Koraichi, répondent les bruns, les ocres, les couleurs minérales d’Akeji Sumiyoshi. Dans une même volonté d’explorer l’intime, le mystère, la beauté sans borne des lettres et des langages dont elles se font les vecteurs, le dialogue de ces deux maîtres esquisse les contours d’un voyage majestueux entre des extrêmes qui se découvrent finalement de nombreux points communs.

Infos :

Vernissage samedi 19 novembre à partir de 18h, en présence de Rachid Koraïchi et de Hervé Desvaux.

Ouvert du mardi au samedi, de 11h à 19h.

Crédit visuel : Akeji Sumiyoshi et Rachid Koraïchi photographiés par Hervé Desvaux.

 

Texte : Horya Makhlouf


Galerie A2Z Art Gallery
24, Rue de l'Echaudé
75006 - Paris