Galerie Rouan, PARIS

Exposition du 27 mars 2018 au 14 avril 2018


Jean François Galey Sand, Peinture 2016-2017


Du 27 mars au 14 avril 2018, la Galerie Rouan expose les Peintures 2016-2017 de l’artiste Jean François Galey Sand, qui nous transporte dans des dimanches après midis ensoleillés. 

En ces premiers jours de printemps, ne rêvez-vous pas de promenades sous le soleil, dans les parcs verdoyants de la capitale ? Dans les peintures de Jean François Galey Sand, le ciel est turquoise, les paysages radieux, et les promeneurs tranquilles. Dans une veine hyperréaliste, la peinture Regards croisés, à taille humaine, nous donne à voir une composition lumineuse chargée de lignes et de regards. Un homme assis, à la chemise rosée, occupe la moitié droite du tableau. Paisible, dérobé sous ses lunettes noires et son chapeau, il regarde vers sa droite, d’un air rêveur, tandis que suivant son regard, nous rencontrons la frontière de la toile. En chemin, notre œil a croisé des statues de femmes, n’ayant pas non plus l’intention de nous guider. L’une, de face, examine ses pieds, l’autre, de dos est tendue vers l’avant. Notre œil ne sait où se fixer, curieux de connaître l’objet de l’attention des divers personnages. Mais ces regardeurs n’ont que faire d’être regardés. Même le corbeau, sur la gauche du tableau, se détourne de nous, comme pour indiquer au spectateur qu’il n’est pas le centre du monde. Décentrés, nous sommes alors tentés d’entrer dans la toile pour y prendre part et nous y promener.

La vie est ailleurs a titré Kundera. Le spectateur, n’ayant le pouvoir de s’introduire dans l’espace pictural peut toutefois se mettre dans la peau d’un des personnages pour imaginer ce qu’il voit. Peut-être que sous ses verres teintés, l’homme au chapeau regarde des enfants jouer en riant, ou bien une jeune femme qui marche gracieusement, faisant tonner ses talons. Peut-être qu’il contemple un paysage semblable à Un dimanche après midi à la Grande Jatte de George Seurat, sa vue amoindrie lui faisant voir la vie en pointillées. Peut-être, aussi qu’il s’amuse d’une performance d’artistes de rues, qui dansent sur de la musique urbaine. Peu importe finalement, ce que le spectateur imagine, les Regards croisés de Jean François Galey Sand rendent la toile bruyante et vivante. Les frontières du tableau sont abolies, assimilant le hors champ. La toile s’étire. Le monde s’élargit. 

Jean François Galey Sand transporte le spectateur dans une vie plus intensément vécue, essentiellement contemplative. Les personnages des œuvres, sont spectateurs de la vie, comme nous sommes spectateurs de l’art. L’un et l’autre se célèbrent. Ainsi, chaque regard agrandit notre perception, nous offrant la possibilité d’un ailleurs. En se déplaçant de points de vue en points de vue, nous pourrions bien voyager jusqu’au bout du monde et au-delà. 

Texte : Elodie Réquillart

Crédit visuel : Regards croisés, Jean François Galey Sand, 55x55cm, peinture à l’huile, 2016