Galerie INSULA , Paris

Exposition du 15 novembre 2018 au 22 décembre 2018


Bénédicte Plumey, La Force du Fragile


Pour la quatrième fois en six ans, la galerie Insula ouvre ses portes à la touche vibrante de Bénédicte Plumey. La Force du Fragile dévoile la puissante sensibilité de la nature. A voir du 15 novembre au 22 décembre 2018.

Une fleur rose s’évapore. Une source blanche se mue en un lac de nuée. Une eau claire et vive surgit d’une roche foncée et immuable… Le pinceau papillon de Bénédicte Plumey étire la matière jusqu’à la diluer, insufflant une atmosphère onirique rassurante et poétique à des détails de la nature. Sa peinture figurative tend vers l’abstraction des formes : elle les suggère plutôt qu’elle ne les rend de façon réaliste. Car, pour l’artiste, le grand paradoxe de la nature réside dans la force intrinsèque de sa fragilité. Comme le roseau plie mais ne rompt pas, la fleur résiste au vent et l’eau fend la pierre.

La palette intense mais néanmoins subtilement nuancée de Bénédicte Plumey sert ses recherches sur la transparence, la couleur et la lumière : le rose fougueux des pétales d’une fleur tire vers un blanc éthéré, tandis que le bleu froid d’une source bouillonnante oscille entre ciel et noir. Il se dégage de ces fragments de paysage une impression de calme et de sérénité, chose paradoxale dans le motif de la cascade, élément naturellement bruyant. La touche délicate de l’artiste peintre semble assourdir l’environnement, les motifs sont comme suspendus dans le temps. La Force du Fragile dialogue avec le sensible pour signifier l’abstrait, autrement dit ce que le figuratif ne peut pas saisir. « Abstraire le réel pour toucher la substance du vivant » : voilà la quête de Bénédicte Plumey depuis trente années.

 

Texte : Marie-Amélie Muriel

Crédit : Bénédicte Plumey, La Force du Fragile II (détail), huile sur toile, 162 x 130cm, 2018