Galerie Frédéric Moisan, Paris

Exposition du 01 septembre 2018 au 22 septembre 2018


Dessin de Demin


La galerie Frédéric Moisan présente du 1er au 22 septembre l’exposition des dessins de Demin.

C’est sûrement à force d’écouter les bouleversements par lesquels passent les humains que Demin arrive à troubler par son tracé. Car avant d’être dessinateur, l’artiste est psychanalyste, et il semble avoir trouvé le moyen propice de raconter les histoires qu’il entend sans trahir le secret médical.

Car chaque dessin est si personnel, il est facile d’imaginer que Demin, le crayon à la main, a en tête un individu précis. Impossible, bien entendu, de connaître la nature de cet inconnu, qui s’est vu privé de sa forme humaine. Il a été transformé par l’imaginaire du dessinateur, analysé, décortiqué, jusqu’à ce qu’il ne reste simplement qu’une sorte de personnage fantasmagorique.

Privé d’arrière-plan, apposés sur la feuille blanche comme un aplat, les traits fins et hétérogènes des crayons de couleur composent, avec de nombreux détails, ce qui semble être les organes des personnages. Le fond n’est pas ou peu rempli, et la transparence persiste entre le support et le dessin, apportant une sensation de flottement et de finesse. Des motifs aux airs tribaux composent le corps de cet être mi-humain, mi-animal, certains semblent d’ailleurs en mouvement, comme s’ils accomplissaient une sorte de danse, de rituel. Un moyen, sûrement, d’extérioriser les démons qui les rongent, les angoisses qui les consument. Souvent représentés seuls sur le support, les personnages occupent, tout de même, pratiquement l’intégralité de la composition : leurs extrémités, qui ressemblent à des mains, s’allongent inlassablement, leurs organes génitaux sont exposés aux yeux de tous, ces êtres, à l’allure primaire, semblent finalement plus complexe que l’humain qui les observe.

Texte : Angèle Imbert

Crédit Visuel : Dessin de Demin, stylo noir et crayons de couleur sur papier 220gr, 29,7cm x 42 cm