Galerie Escougnou-Cetraro, Paris

Exposition du 07 janvier 2017 au 19 janvier 2017


Gérard Escougnou, Mon père, Gérard Escougnou, Les Titans


Du 7 au 19 janvier 2017, la Galerie Escougnou-Cetraro expose les toiles de Gérard Escougnou dans Mon père, Gérard Escougnou, Les Titans.

Les fantômes du passé ressurgissent dans les toiles de Gérard Escougnou. Comment ne pas penser à Mondrian, Theo Van Doesburg, Jackson Pollock, ou Hans Hartung, à l'abstraction concrète, géométrique, expressionniste ou lyrique devant ces traits et ces couleurs qui semblent poursuivre le projet de ces illustres prédécesseurs ?

A y regarder de plus près, le geste ne se contente pas de copier, mais de renouveler. Dans les compositions strictement ordonnées de Mondrian, où seules les trois couleurs primaires avaient droit de siège, Escougnou introduit le vert, et par là même le trouble. Il met à mal la sévère rigueur de l'abstraction concrète en déliant les formes et les carcans, en mélangeant les couleurs et leurs textures. Tantôt opaques, tantôt liquides, elles se mêlent l'une à l'autre, se superposent et se confondent, quand Van Doesburg leur interdisait de dépasser des parcelles qu'il leur délimitait… Introduisant un sujet mythologique avec la série Les Titans, l’artiste indique la filiation historique dans laquelle il s’inscrit. Qu’il soit mythologique ou moderne, l’héritage artistique du peintre est revendiqué fièrement.

Gérard Escougnou commence par copier des « Anciens » encore récents, avant d’y introduire son interprétation personnelle, rappelant une pratique qui fut celle des artistes classiques. Le peintre copie et envisage de dépasser ce qui l’a précédé, il digère les images composées par ses prédécesseurs, s’en inspire et recompose à partir de ce socle désormais fermement établi. Les grands Maîtres de la Renaissance ne faisaient pas autre chose lorsqu’ils se formaient directement devant les œuvres d’un chef d’atelier, apprenaient à copier son style avant de former le leur. La démarche, reprise – non sans une certaine forme d’ironie – par Gérard Escougnou, semble en fait poser la question, apparemment si antithétique de notre époque, de l'académisme en art contemporain.

Comment faire du nouveau après les multiples tables rases que les avant-gardes du XXème siècle n'ont cessé de proclamer ? Considérant que celles-ci avaient pour ambition d’imposer un art nouveau, plus encore qu’un style, et de détruire tout ce qu’il pouvait rester d’académisme en art, envisageaient-elles elles-mêmes de devenir les chefs d’atelier de leurs successeurs ?

Infos :

Vernissage samedi 7 janvier 2017

Ouvert du mardi au samedi, de 14h à 19h.

Crédit visuel : Gérard Escougnou, Gaia, Acrylique, encre, résine epoxy sur bois 110 x 110 cm

Texte : Horya Makhlouf