Galerie Boris, Paris

Exposition du 08 octobre 2018 au 02 novembre 2018


Neda Arizanović, Petites Frustrations


La Galerie Boris présente du 8 octobre au 2 novembre la première exposition personnelle de l’artiste serbe Neda Arizanović.

Lorsque l’on pense à l’enfance, à la féminité, une image douce et sereine apparaît le plus souvent à l’esprit. Une sensation de naïveté, d’innocence, se dégage de la vision que nous avons de jeunes filles, à l’image des poupées qui ont bercé notre enfance. Neda Arizanović fait table-rase des attentes que la société porte sur leurs représentations. Ses peintures à grands formats nous plongent dans un univers effrayant, à la limite du morbide. Un monde déroutant où nos repères, aussi bien spatiaux que visuels, sont brouillés : la palette passe de l’uni aux multicolores, de teintes profondes et sombres à une explosion de nuances presque fluorescentes.

Les toiles se voient donc parfois composées uniquement d’une déclinaison de rouge, parfois de couleurs allant du bleu au vert puis au rose dans un mouvement qui laisse apparaître les touches de peintures de l’artiste. Les arrière-plans ne donnent aucune information sur la situation : ce sont des aplats de couleurs, sur lesquelles s’organisent des scènes étranges et mystérieuse où une enfant, aux airs de poupée, semble aussi perplexe que l’observateur qui lui fait face. Sur un fond hypnotisant, où un trait noir trace une spirale continue, gravite, au centre, une petite fille. Ses pieds, nus, potelés, n’ont aucun support, elle semble privée de la liberté de se déplacer. Un clown effrayant, tout droit sorti du roman de Stephen King, se trouve à ses côtés, telle son ombre. La perspective n’est pas définie : le personnage semble s’ériger derrière l’enfant, son bras menaçant se lève pourtant devant le visage naïf de la fille. Ce corps fantomatique est alors presque transparent, nous laissant apercevoir les yeux ronds de la fillette : plongeant son regard droit et mystérieux dans le notre, elle semble finalement vouloir hypnotiser ses observateurs, qui tombent dans le piège de son air innocent.

Texte : Angèle Imbert

Crédit Visuel : Neda Arizanović, Red Tunnel de la série Petites Frustrations, huile sur toile, 100x130 cm