Galerie Boa, Paris

Exposition du 01 mars 2018 au 31 mars 2018


Henri-Yves Cazin, Travailleuses, travailleurs


La Galerie Boa nous présente une rétrospective sur le travail du photographe Henri-Yves Cazin du 1er mars au 31 mars 2018.

Au fil de ses déambulations dans les rues d’un Paris des années 1970-1980, Henri-Yves Cazin capture des moments volés à des passants, pour retranscrire les souvenirs d’une ville qui a vu ses petits commerçants fermer, délogés par les grandes enseignes que nous connaissons aujourd’hui.

Intimement liée aux changements que vit la société en cette période, le travail de Henri-Yves Cazin saisit des lieux éphémères voués à la destruction, à l’oubli. Une volonté de reconnaissance se révèle au fil de ses photographies, les ouvriers et commerçants sont mis à l’honneur par un objectif qui ne les prend pas de haut. Des œuvres qui s’intéressent aux lieux de passage, où les individus traversent simplement pour se rendre autre part, et où la beauté de l’endroit n’a pas le temps d’être contemplée par ces marcheurs, pris dans l’exaltation de la capitale.

Les compositions sont pensées et rendent grâce à l’architecture des villes. Que ce soit celles d’échafaudages ou d’escaliers, les lignes s’opposent et se mêlent, et la géométrie des courbes est sublimée par son œil aiguisé.  

Nous devrions en partie remercier le hasard, qui permet à Henri-Yves Cazin d’être au bon endroit au bon moment. Un enfant qui baille dans la queue du magasin, un sourire complice entre deux écolières : ces instants ne se prévoient pas et pourtant, l’artiste arrive à s’en emparer.

Mais tout n’est pas laissé à la chance, loin de là. Le grain prononcé, retrouvé dans tous les clichés, apporte une profondeur à la composition. Sa photographie en noir et blanc nous plonge dans les détails du regard songeur d’un ouvrier sur le chantier, du sourire de la marchande guettant les clients, de la cigarette au bord des lèvres du porteur de la Gare de l’Est. 

La mélancolie d’un charme désuet apparaît un instant, et nous sommes plongés dans le Paris de François Truffaut puis celui de Jean-Pierre Jeunet, une ville poétique qui se transforme au gré du temps.

Texte : Angèle Imbert

Crédit Visuel : Henri-Yves Cazin, Louvre Ouvrier Ebarbage Pyramide, 1987