Galerie Antoine Laurentin, Paris

Exposition du 13 septembre 2018 au 27 octobre 2018


Nasser Assar


La Galerie Antoine Laurentin présente du 13 septembre au 27 octobre une exposition regroupant des œuvres de l’artiste Nasser Assar.

Imaginons-nous, un instant, privés de contexte. Nous sommes projetés dans une pièce où les peintures de Nasser Assar composent l’espace. Mais ne savant pas que ces toiles appartiennent à l’artiste iranien, nous sommes simplement face à elles, sans aucune autre information.

C’est alors une atmosphère orientale qui encense l’espace. Un air de Chine qui se répand et se fait écho entre chaque tableau, transportant l’observateur vers un art empreint de tradition. Les traits sont apposés sur la toile avec la même justesse qu’un calligraphe, comme si l’artiste maîtrisait les codes spécifiques de cette écriture ancestrale. Le mouvement agité des gestes du pinceau vient rompre le calme ambiant prônant sur ce qui semble être un paysage. Le noir profond des lignes d’encre s’oppose aux fonds colorés par des nuances paisibles, douces et sombres à la fois. À la vue de ces peintures, difficile de concevoir que l’artiste n’est ni chinois, ni provenant d’un siècle antérieur, mais, une modernité se dégage néanmoins de ses tableaux : par une agitation harmonieuse des formes, par l’arrière-plan de la toile peint par une teinte unie et, parfois, laissé immaculé de toute forme, une liberté s’émane de l’œuvre de Nasser Assar. La dimension des compositions dépassant parfois le mètre, nous plonge dans les détails de ces touches aux nuances puisant dans une même couleur, laissant à la matière du support le rôle de créer un doux relief.

Et ce relief, qui s’étend sur le tableau comme une brume matinale, fait écho à des visions aériennes. Telles les réminiscences d’un voyage dans les airs, les toiles semblent être restées en apesanteur, suspendues aussi bien dans l’espace que dans le temps. Car les traits fins qu’appose l’artiste sur ces paysages laissent à l’imagination de chacun la possibilité de se remémorer des visions personnelles. Serait-ce une montagne se dessinant au loin dans ce bleu minéral ? Ou bien peut-être un nuage contrastant légèrement avec cet aplat uni et paisible ? Des questions qui se verront apporter des réponses différentes, suivant l’observateur, suivant la sensibilité de chacun, qui verra apparaître, sur une même composition, tantôt une fleur noire au bourgeon d’un rouge vif, tantôt une nuée d’oiseaux prenant leur envol.

Texte : Angèle Imbert

Crédit Visuel : Nasser Assar, Composition, 1961, Huile sur toile, 92 x 73 cm