"TJ" 1948-2010, David Goldblatt

"TJ" 1948-2010, David Goldblatt


Exposition du 12 janvier au 17 avril 2011
Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris

La carrière de David Goldblatt est rythmée par l'histoire tourmentée de son pays natal, l'Afrique du Sud. Il a toujours photographié la ville de Johannesburg, suivant son histoire et son évolution, attentif aux lieux et aux populations. Pendant l'apartheid David Goldblatt photographie « des deux côtés » : les Afrikaners d'abord, puis l'univers des Noirs sudafricains dans les années 1970. En 2009, il reçoit le Prix HCB. Cette bourse lui a permis de poursuivre son travail sur cette ville aux mille visages, en perpétuel changement. Cette exposition s’attache à traverser la carrière du photographe, depuis ses photos de « l’époque TJ » à ses travaux les plus récents qui explorent les liens entre la criminalité et l’urbanisme.
Le premier étage de l’exposition présente des photos de « l’époque de TJ », témoignages en noir et blanc réalisés entre 1948 et 1990. Cette sélection d’une soixantaine de tirages donne à voir des fragments de vie prélevés pendant ces années où les lois se multipliaient pour mettre les personnes de couleur à l’écart, réduisant leurs maisons, leurs commerces à l’état de ruines. David Goldblatt a sans cesse renouveler son approche dans un même pays, ce qui est exceptionnel ; utilisant tour à tour différents formats (24x36, 6x6, et la chambre grand format, couleur et noir et blanc). Les tirages sélectionnés sont tous des tirages argentiques d’époque réalisés par David Goldblatt.
Le deuxième étage rassemble les travaux plus récents de David Goldblatt, réalisés après la chute de l’Apartheid. Dans cette série, Goldblatt s’intéresse aux « ex-offenders », les invitant à retourner sur la scène des crimes qui les ont conduits devant la justice et en les photographiant au même endroit. Sur les murs de la Fondation HCB, sont présentés vingt portraits en noir et blanc d’hommes et de femmes, chacun racontant leur histoire faite de petits délits, de meurtres, de prison et d’espoir. Espoir de s’en sortir et de pouvoir connaître un avenir meilleur. Je ne crois pas que beaucoup d’entre eux soient fondamentalement mauvais, déclare Goldblatt. Ils en sont venus à faire ce qu’ils ont fait pour diverses raisons. Un contexte familial difficile, un système d’éducation défaillant, la drogue semblent être des facteurs récurrents qui ont influés sur leur comportement criminel.