Le roi et son bouffon

Le roi et son bouffon


Exposition du 20 juin au 30 septembre 2012
Centre Wallonie-Bruxelles, Paris

Elizabeth II, reine d'Angleterre, préside les Jeux Olympiques à Londres, tandis qu'à Paris, au Centre Wallonie-Bruxelles, le roi des Belges et sa famille sont à l'honneur grâce au caricaturiste Pierre Kroll. Le roi Albert II et son bouffon Pierre Kroll vous invitent entre humour et lucidité à venir découvrir une exposition dont seuls nos amis ont le secret...

Le rapport, son élasticité, entre le bouffon et les puissants est assurément l'une des constantes qui a existé bien avant même que la notion de démocratie ait droit de cité. La tête des bouffons s'est révélée souvent plus volatile que celle des rois. Aujourd'hui encore, d'un pays à l'autre, d'une culture à l'autre, selon les régimes ou les croyances, l'art de la caricature peut s'avérer un exercice périlleux ou jouissif. Au-delà du décryptage immédiat, il peut générer des effets étonnants quand on sait le rôle qu'a joué une pomme dans la campagne électorale française de 1995.
Pierre Kroll est certainement l'un des meilleurs observateurs de la vie politique belge. On se rappellera par ailleurs le rôle essentiel qu'il joua dans la mise sur pied de l'exposition « C'est la fôte à Bruxelles » présentée au Centre en 2010 à l'occasion de la Présidence belge. Ce regard sur nos coulisses ne fait pas l'économie de la vie du palais et de ses intrigues. Source fréquente d'interrogations et de fantasmes, le rôle du roi est régulièrement épinglé, critiqué ou loué.
D'un roi qui fut sans doute le premier surpris de succéder à son frère, Pierre Kroll a fait un personnage que tous les francophones belges ont adopté. Les pantoufles, la couronne et le peignoir, cherchez l'erreur. L'exposition Le roi et son bouffon retrace cette saga d'une famille quelquefois tourmentée et d'un pays souvent perturbé.

Ces visions sont aussi à l’image d’un peuple qui – pas plus sans doute que son monarque – n’est pas économe d’autodérision. Cet état d’esprit est aussi un gage de lucidité, un antidote au narcissisme. Cette impertinence stimule et dope l’imaginaire faisant de ce pays le berceau du surréalisme. Alors que d’aucuns imaginent déjà une fin de règne pour Sa Majesté Albert II, Pierre Kroll s’est définitivement imposé comme l’un des meilleurs observateurs de la vie politique belge. Ce parcours est à la fois l’illustration d’une liberté de ton et de pensée d’artistes, où l’irrévérence ne rime jamais avec irrespect. Une relation cryptée entre un dessinateur de presse et un monarque avec comme témoin, un peuple.