Gerhard Richter, Panorama

Gerhard Richter, Panorama


Exposition du 06 juin au 24 septembre 2012
Centre Georges Pompidou, Paris

De l’oeuvre pléthorique de Gerhard Richter, on peine à dire d’emblée quel est le fil rouge : balancée depuis cinquante ans entre photos-peintures, grandes toiles abstraites, retour à la traduction picturale ou plaques de verre d’inspiration plus conceptuelle, elle semble se dérober à toute tentative de classification.
Est-ce l’effet d’un parti pris scénographique alternant approche chronologique et thématique ? La rétrospective que Beaubourg consacre au peintre allemand permet pourtant de mieux cerner ce qu’il y a dans son travail non seulement de remarquable, mais de remarquablement cohérent. Des premières toiles inspirées de journaux et de cartes postales à l’abstraction gestuelle, en passant par les paysages, vanités et peintures d’histoire (dont la superbe série du 18 octobre 1977, que l’artiste consacre à la bande à Baader), tout son travail ne cesse au fond de creuser les mêmes questions : que peut-on peindre dans une société où l’image (médiatique, spectaculaire) semble avoir liquidé la peinture ? A celle-ci, que reste-t-il alors en propre ?
En rassemblant 150 œuvres des années 1960 à nos jours, Panorama se veut l’inventaire des réponses possibles. Surtout, l’exposition souligne ce que la difficulté de survivre à cette liquidation fait lever chez Richter : la nostalgie.